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Posté le 21/05/2008 à 00h23 par Nicky

La Seyne: L'Amiral François Flohic raconte ses années de Gaulle
histoire L'aide de camp six-fournais du Général assistera demain salle Apollinaire à la projection d'un film consacré à leur fugue à Baden-Baden, le 29 mai 1968


Photo: Dominique Leriche - Dans sa villa sur les hauteurs du Brusc, l'Amiral Flohic évoque son passé d'aide de camp auprès du Général de Gaulle, président de la République. Il sera demain l'invité de l'association seynoise Traqueurs de Mémoires, présidée par Denise Reverdito pour une soirée débat sur la fugue à Baden-Baden, en compagnie de Benoît d'Aiguillon et José Lenzini, les auteurs de « Mai 68 Baden : la mort du gaullisme ».
Quarante ans après les événements de mai 1968, l'Amiral François Flohic est très sollicité. Celui qui fut l'aide de camp du Général de Gaulle et qui l'accompagna dans son escapade à Baden-Baden, quitte régulièrement sa résidence six-fournaise pour présenter des conférences. Avec Benoît d'Aiguillon et José Lenzini, les auteurs de l'ouvrage « Mai 1968 Baden : la mort du gaullisme », il sera présent demain soir à 18 h 30 à la salle Apollinaire pour un débat qui suivra la projection d'un film témoignage, réalisé par l'association seynoise Traqueurs de Mémoires.

Dans cette vidéo de 35 minutes, l'Amiral Flohic évoque la fugue du général de Gaulle à Baden-Baden, dont il fut le seul témoin, le 29 mai 1968.

Avant ce rendez-vous, il revient sur les années passées auprès du Général de Gaulle.

Dans quelles circonstances avez-vous connu le Général de Gaulle, et comment êtes-vous devenu son aide de camp ?

« J'ai été son aide de camp de 1959 à 1963 puis de 1965 à 1969. J'ai été désigné par la Marine. Le Général m'a engagé après une entrevue extrêmement brève à Matignon. Ce n'était pas notre première rencontre. Je l'ai vu la première fois en juillet 1940, à l'arrivée des premiers volontaires à Londres, puis à Plymouth en septembre 1940 et une troisième fois en écosse en 1943. »

Quel était votre rôle auprès de lui ?

« L'aide de camp sert à tout et à rien ! (...) On s'occupe du président, on s'assure qu'il a tout ce qu'il faut pour travailler, on annonce ses visiteurs, on l'accompagne dans ses déplacements en faisant respecter le programme prévu par lui. On l'accompagne aussi à Colombey, mais en civil. C'est ainsi que je l'ai suivi à Baden-Baden le 29 mai 1968. »

À cette époque, aviez-vous le sentiment de vivre une journée historique ?

« Certainement ! La France était en crise. La disparition prolongée du président a plongé le pays dans l'inquiétude. »

Quelle impression gardez-vous de toutes ses années auprès du Général ?

« J'ai vécu son entreprise dès le début, pendant la guerre. Je me suis retrouvé à ses côtés en 1959 alors qu'il faisait face à une tâche qui était considérable pour sortir la France de ses difficultés. Vous pensez bien que mon attachement pour cet homme, que je considérais comme un capital pour la France, était très grand. C'était un grand honneur. »

Quels sont les derniers instants que vous avez passés avec lui ?

« Après le référendum négatif de 1968, je l'ai accompagné en Irlande et j'ai vécu 45 jours là-bas avec lui. C'était une période à part. Il n'était plus président et il ne voulait pas être présent pendant la campagne pour ne pas influencer les Français. Son premier réflexe, au résultat du référendum, avait plutôt été le soulagement. Puis est venu le chagrin d'avoir été répudié par la France après tout ce qu'il avait fait pour elle. Il est passé à autre chose quand il a commencé la rédaction de ses mémoires.

Je l'ai revu une dernière fois en septembre 1970. Il m'avait invité à déjeuner à Colombey, avec ma femme. Il ne m'a jamais remercié. Mais ce jour-là, je dois dire que Madame de Gaulle avait mis les petits plats dans les grands. »

À lire
Souvenir d'outre Gaulle, de l'Amiral François Flohic, publié chez Plon en 1979.

« Mai 68 Baden : la mort du Gaullisme », de Benoît d'Aiguillon et José Lenzini.
source: Caroline Martinat - Var Matin

...cordialement...Nicky...