Imprimer cette page Fermer cette fenêtre

Posté le 21/09/2009 à 00h15 par Nicky

Après les années de frénésie l'ancien baisse presque partout


Photo : Dominique Leriche
Dans le quartier Chateaubanne, une maison « frôlée » par les programmes immobiliers ne trouve pas preneur. L'offre du promoteur à 450 000 euros avait été refusée par le propriétaire. Maintenant, l'agent immobilier Gérard Prandi estime qu'il sera difficile de la vendre... même à 300 000 euros.
Le temps des affaires mirobolantes est terminé. Alors que le marché connaît un fort repli, les situations sont très contrastées dans chaque quartier.

Il y a les gagnants. Et les autres. Quelques-uns ont fait l'affaire de leur vie, en vendant leur maison. La plupart ont été témoins de la transformation de leur quartier, parfois à leurs dépens. La ville a vécu une métamorphose intense et rapide, comme rarement il s'en est produit ailleurs.

« La Seyne était devenue un Eldorado », pour tout ce que le pays compte de promoteurs et d'investisseurs, glisse un agent immobilier. C'était la période de « l'embellie », voire de « la frénésie », alors que « la ville n'avait plus vu une seule grue pendant plus de 20 ans ».

Mais en 2008, la crise financière et bancaire a éclaté, entraînant le marché immobilier vers le fond. Chronique d'un boom immobilier spectaculaire, avant un sévère retour à la normalité.

Rattrapage et correction

La Seyne partait de loin et de bas. « Personne ne voulait entendre parler de cette ville. Venir ici, c'était rédhibitoire », lance William Joly, de l'agence du même nom. Qui n'hésite pas à dire que « à La Seyne, seul le prix était attractif ».

L'image de la ville était associée aux anciens chantiers navals et aux HLM du quartier Berthe.

Yves Cohen, responsable des transactions à l'Agence de l'Avenue, rappelle que « le déclic fut politique, au moment où la municipalité (celle de l'ancien maire Arthur Paecht Ndlr.) a dit qu'elle voulait changer les zones et ouvrir les portes ».

La période coïncide avec l'envolée de l'immobilier, à partir des années 2003, 2004. Les deux phénomènes se sont nourris l'un l'autre et ont poussé le marché de l'ancien à des hauteurs vertigineuses.

« Nous étions dans la situation anormale où l'ancien se vendait plus cher que le neuf », s'exclame Gérard Prandi, directeur de l'agence Prandi. « Les programmes neufs ont permis de réguler les prix. Dans un premier temps ». Mais ensuite, « on a lâché les rennes, on est allé trop loin et on a touché des quartiers qu'on n'aurait jamais dû toucher ».

Plus-values inespérées

Cette période fut aussi celle des affaires mirobolantes, pour ceux des Seynois, dont les villas étaient implantées au bon endroit et qui ont su saisir la balle au bond. « J'ai connu une maison estimée à 150 000 euros, vendue 600 000 ! Ça a fait fantasmer beaucoup de gens », se souvient Bernard Papazian, de l'agence Papazian, « il n'y avait plus de règle, plus de loi ».

Même récit de la part d'Yves Cohen, « il était monnaie courante de vendre une parcelle un million d'euros, qui en valait 300 000 ».

Seul faisait foi le calcul de la surface constructible sur cinq étages. Les promoteurs faisaient leurs comptes et essaimaient à la faveur des nouvelles règles d'urbanisme.

Mais beaucoup, parmi les particuliers, ont acheté au prix fort un bien qui a perdu de la valeur.

Le coup d'arrêt

La fin de la partie a été sifflée l'année dernière. « On a commencé à sentir que ça coinçait à partir de mai 2008 », confirme Jean-Pierre Porcel, notaire seynois et président de la Chambre des notaires du Var. « Puis, les transactions se sont effondrées en six mois ».

Un chiffre pour résumer la dégringolade : en janvier 2009, il y a eu 40 % de transactions en moins dans l'ancien par rapport à janvier 2008. « La crise est responsable de cet arrêt brutal ». Mais ces derniers mois, la baisse est moins forte, « je pense qu'on va vers une stabilisation », analyse le professionnel.

Pour lui, les prix actuels sont « de vrais prix, de 20 à 30 % plus bas » qu'au moment du boom immobilier. Avec de grosses disparités entre quartiers et à l'intérieur d'un même quartier.
source: Sonia Bonnin - var matin

...cordialement...Nicky...