Imprimer cette page Fermer cette fenêtre

Posté le 27/08/2012 à 13h17 par Nicky

L'art-thérapie révèle les talents cachés de la psychiatrie


De gauche à droite : Alicia, Fabien, Stéphane, Eymeric, Martine en pleine préparation de l'exposition
L’atelier d’art-thérapie « Le bruit des pinceaux », créé dans le cadre du service psychiatrie del’hôpital, va exposer pour la première fois les œuvres des patients. Une aventure hors-norme

«L'atelier d'art-thérapie est un coucou au monde». C'est ainsi que les patients suivis par le service psychiatrie définissent le cours un peu particulier qu'ils suivent dans le cadre du CATTP (centre d'accueil thérapeutique à temps partiel) à la villa Gounod. Tous les vendredis, les patients qui le souhaitent ont rendez-vous avec l'art. Le temps d'une matinée, ils font travailler leur imaginaire pour dessiner et peindre très librement à partir d'un thème donné.

Cet atelier, créé en 2007 par l'infirmière du service Chantal Guillôme et la psychologue Myriam Marchaudon, va exposer pour la première fois les œuvres des patients à l'école municipale des Beaux-arts, à l'occasion des Journées du patrimoine. La rencontre avec le directeur des Beaux-arts, Fabrice Moreau, s'est faite un peu par hasard, alors que l'infirmière se rendait à l'école avec Alicia, l'une des patientes. La jeune fille voulait visiter. « J'ai demandé à voir le directeur, se souvient Chantal Guillôme. Il nous a reçues. Le travail de l'atelier l'a tout de suite intéressé. Il nous a lancé cette invitation à exposer dans le cadre des Journées du patrimoine qui, cette année, ont pour thème : patrimoines cachés. Aussitôt, nous nous sommes mis au travail .»

Les patients ont mis beaucoup de cœur à l'ouvrage. Les œuvres, les légendes, l'affiche, les textes qu'ils liront, tout cela les a motivés.

« Le projet a été une source importante de mobilisation du groupe», souligne l'infirmière. D'une manière plus générale, on peut dire que les patients aiment venir ici. « On ne leur demande pas de faire quelque chose de beau mais d'exprimer quelque chose d'eux.»

Edouardo a fait du dessin quand il était petit. Aujourd'hui, il a 28 ans. Il aime toujours ça. « C'est bien de se dire qu'on est bon à quelque chose. Dessiner, c'est une sorte de libération par rapport à la maladie. La vie n'est pas si simple. Moi j'ai envie de changer. Dessiner, ça fait grandir aussi. Et ça éloigne de la solitude.»

« Aider à digérer les étapes de la maladie »

« Cet atelier, ça évite de ressasser le passé, les souvenirs négatifs» remarque Eymeric.

Pour Alicia, qui est l'auteur de la peinture de l'affiche, « l'atelier est un bon moyen d'expression. On nous donne un thème. On fait ce qu'on veut. Ensuite, on donne notre interprétation et les autres aussi. Ça permet de s'évader. Ça aide à digérer les étapes de la maladie. On ne trouve pas toujours les mots pour exprimer ce qui ne va pas. Mais dans le dessin, généralement, ce qui ne va pas ressort.»

Cette passion du dessin et de la peinture habite aussi Fabien, qui produit des toiles depuis une vingtaine d'années. Infographiste de formation, il produit un travail considérable qu'il pourrait donner à voir. Mais les quelque 200 grandes toiles, qu'il a peintes n'ont jamais quitté le lieu où il les a entreposées. Fabien a créé un site qui retrace l'aventure de l'exposition orchestrée par Le bruit des pinceaux *. Il est aussi le concepteur de l'affiche.

Cette exposition marquera le début d'une collaboration étroite entre l'atelier et l'école des Beaux-arts. Une fenêtre s'ouvre ainsi sur l'art pour les patients du service psychiatrie de l'hôpital. Avec elle, l'espoir d'un mieux-être, d'un lien social accru. D'une vie meilleure, en somme.

* plus d'infos sur: wix.com/fabientouget/bruitpinceaux
source C.H.-B. - var matin

... cordialement ... Nicky ...

suivre - LaSeyne.Info - sur Twitter - cliquez ici