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Posté le 20/11/2013 à 11h09 par Nicky

À La Seyne, les pêcheurs pestent contre les "pétardages" de la Marine


Les pêcheurs sont interdits de navigation en mer depuis hier au large de la baie des Sablettes (photo: M.V.)
Les pêcheurs de Saint-Elme sont une nouvelle fois au chômage technique depuis mardi, et jusqu'à jeudi inclus. La Marine nationale mène en effet une opération de déminage entre la pointe du Bau rouge et de Marégau

Dès 8 heures mardi matin, un Zodiac de la sécurité civile était en poste pour veiller à faire respecter le périmètre de sécurité, et interdire aux pêcheurs, plaisanciers et plongeurs, d'y accéder. Le bateau de déminage de la Marine est apparu au large vers 10 heures.

Sur la digue du port de Saint-Elme, les pêcheurs sont furieux. Ils ont appris par hasard, la veille, que cette opération aurait lieu. « Nous n'avons pas été prévenus officiellement. Nous ne pouvons pas sortir les bateaux, car on se ferait immédiatement arrêter par la Sécurité civile », peste Olivier Ranc, pêcheur professionnel.

C'est la deuxième fois depuis le début de l'année que les pêcheurs expriment leur ras-le-bol contre les pétardages en mer menés par la Marine nationale. En juin dernier, ils dénonçaient déjà ces opérations qui « tuent le poisson et empêchent les pêcheurs de travailler plusieurs jours après la déflagration», selon Didier Ranc, premier prud'homme de La Seyne.

Pour eux, il s'agit d' « exercices » particulièrement néfastes pour leur activité.

« Bloqués à quai »

« La semaine dernière, avec le mauvais temps, nous n'avons pas pu sortir en mer pendant quatre jours. Avec cette opération, nous sommes encore bloqués à quai trois jours en sachant qu'une semaine après les pétardements, on ne peut pas aller pêcher. Tout cela, c'est du manque à gagner pour nous», souligne encore Olivier Ranc.

« En plus, ces explosions font des dégâts considérables dans les fonds marins, qui auront des conséquences sur les générations futures... Et après, on vient nous accuser d'épuiser la ressource », tempête encore Philippe Seron, un autre professionnel.

Selon Didier Ranc, « tous les pêcheurs varois sont concernés par ce problème. vendredi dernier, c'est à Hyères que la Marine faisait péter toutes les demi-heures. »

Navigation et activités interdites

L'arrêté préfectoral a été pris lundi par le préfet maritime de la Méditerranée. Il prévoit « la sécurisation » du plan d'eau situé dans l'anse des Sablettes, depuis mardi et jusqu'à jeudi, de 8 h à 18 h. Trois zones sont définies, par le biais de coordonnées géodésiques (voir carte). La navigation et le mouillage des navires et engins de toute nature sont interdits dans une zone de 1000 mètres de rayon (cercle rose sur la carte) autour de ces points, tandis que la baignade et la plongée sous-marine sont interdites dans une zone de 2300 mètres (cercle vert sur la carte) autour de ces points. Pour la partie littorale, les baignades et activités nautiques pratiquées à partir du rivage avec des engins de plage et des engins non immatriculés sont interdites dans la bande littorale des 300 mètres.
source: M. V. - var matin

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Posté le 20/11/2013 à 18h10 par Nicky

Pétardages en mer : « Un impératif d’intérêt général »


Après la grogne, mardi matin, des pêcheurs de Saint-Elme dont l’activité est pénalisée durant trois jours en raison d’une opération de déminage aux Sablettes, la préfecture maritime concède que l’arrêté qui interdit la navigation dans le périmètre des pétardages, a été publié tardivement (la veille de l’opération)

Cet arrêté qui interdit la navigation a pu causer du tort à l’activité des pêcheurs. Cela étant, « nous n’empêchons personne de travailler en dehors des périmètres imposés lors des opérations », indique le porte-parole de la préfecture maritime.

Par ailleurs, l’administration rappelle que l’État français a, « pour mission régalienne, la sauvegarde de la vie en mer. Toute l’année, des experts sillonnent le littoral pour détecter, identifier et neutraliser des engins explosifs de la dernière guerre qui présentent des risques pour les activités nautiques, dont les pêcheurs qui remonteraient des engins dans leurs filets. Et cette problématique se pose pour plusieurs décennies encore ».

Aussi, ajoute la Prémar, « quand on prend des arrêtés avec des périmètres de sécurité à respecter, ce n’est pas pour empêcher les pêcheurs de travailler, mais bien pour qu’ils puissent exercer leur métier en sécurité. Et ce dans un impératif d’intérêt général ».

De possibles indemnisations

Autre élément important, la préfecture maritime indique que les marins pêcheurs qui constatent un manque à gagner « lié à la sécurisation d’une zone en mer pour des motifs de sécurité publique » peuvent demander une indemnisation économique du préjudice subi. Et ce, dès lors que la preuve est apportée que « le dommage invoqué est certain, direct, anormal et qu’il trouve sa cause dans la sécurisation de la zone décidée par l’administration ». Toutefois, à ce jour, la préfecture maritime n’a reçu aucune demande en ce sens, ni le service local du contentieux de Toulon.

Sept roquettes et une bombe à « traiter »

L'opération de déminage en cours depuis mardi matin - et jusqu'à jeudi soir au large des Sablettes, vise à « traiter » des engins explosifs datant de la Seconde Guerre mondiale et situés dans l'anse des Sablettes.

Précisément, il s'agit de traiter sept roquettes et une bombe (dont les charges explosives sont estimées de 100 à 129 kg équivalent TNT) reposant entre 27 et 53 mètres de fond, entre les pointes du Bau Rouge et du Marégau. Selon la préfecture maritime, la prochaine fenêtre météo est fixée à jeudi, entre 11h et 17h. Il s’agit d'enlever les engins, de les déplacer au large et de les traiter après un processus d’effarouchement destiné à « limiter impacts sur la faune, la flore et l’environnement ».
source: M.G. - var matin

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