La Seyne:Les pieux aquacoles fantômes arrachés à l'anse de Balaguier
contrat de baie Témoins d'une activité mytilicole décimée, plus de 800 pieux sont enlevés à l'anse de Balaguier. En janvier 2009 viendra le tour de la baie du Lazaret
Gilles Vincent est l'un des principaux initiateurs de l'opération d'éradication des friches aquacoles (en arrière-plan). Il est satisfait de constater de visu l'aboutissement de cette action du contrat de baie - Photo: Dominique Leriche
Inscrite au contrat de baie de TPM dès son lancement, il y a six ans, l'opération d'éradication des friches aquacoles était réclamée depuis plusieurs décennies par de nombreux riverains. La première phase, débutée il y a quelques jours concerne environ huit cents pieux émergés, immergés ou en amas, entre les forts de Balaguier et de l'Eguillette.
« Il s'agit d'une des actions les plus directement visibles parmi les 157 fiches du contrat de baie, explique Gilles Vincent, maire de Saint-Mandrier et responsable du contrat de baie. Elle était nécessaire d'un point de vue esthétique évident, mais aussi - et surtout - pour supprimer un véritable danger pour la navigation. Car s'il est aisé d'éviter ceux qui émergent, certains pieux invisibles à l'oeil se dressent à 20 cm sous le niveau de l'eau... »
Depuis 1 860
L'été dernier, un repérage des quelque 4 000 pieux concernés a été réalisé grâce à un sonar latéral. Outre les 800 pieux de Balaguier, environ 2 700 ont été comptés au Lazaret, et plus de 400 au Bois sacré.
Les fermes mytilicoles, dont les plus anciennes sont nées vers 1860, font partie du patrimoine culturel et gastronomique des quartiers sud de la commune.
« Il y a eu jusqu'à 80 fermes entre la corniche du Bois sacré, l'anse de Balagier et la baie du Lazaret, raconte Gilles Vincent. Mais petit à petit, notamment du fait d'une rude concurrence venue d'Espagne, la plupart ont disparu. On en compte une petite dizaine aujourd'hui. Mais les pieux, eux, sont tous restés. »

Moules sentinelles
« Dans le contexte du contrat de baie, ce chantier se doit d'être exemplaire sur le plan environnemental, fait observer Guirec Queffeulou, chargé de mission au service environnement de TPM. Ainsi, deux protocoles sont mis en place. Tout d'abord, des mesures de la turbidité des eaux ont lieu quotidiennement. Ensuite, des moules disposées en trois points de la rade font office de bio-indicateurs durant les opérations. »
Le chantier, d'un montant de 375 000 euros HT, prendra fin avant le mois de juin, pour reprendre de plus belle dès janvier 2009. La tranche ferme concerne l'arrachage des pieux en fiche sur les sites, ainsi que le nettoyage des fonds de l'anse de Balaguier par enlèvement des pieux en amas.
Suivant les résultats de la tranche ferme, les tranches conditionnelles devraient concerner les nettoyages des fonds du Lazaret et de Bois sacré, ainsi que des éléments de liaison des pontons de l'anse de Balaguier.
La société Tech Offshore, basée à Pin Rolland, se charge de l'arrachage, sous la maîtrise d'oeuvre de l'Agence d'aménagement aquacole maritime et d'environnement.
Pour TPM, ce projet est également un préalable à un projet de réorganisation des concessions de cultures marines, à l'initiative des Affaires maritimes, avec pour objectif d'améliorer le potentiel du site et de réhabiliter globalement sa qualité environnementale.
Vaste et ambitieux programme, mais les trésors de la corniche méritent bien ça.
source: Philippe Zamari - Var Matin


