La Seyne: L'ordre national du mérite pour Catherine Martinez

Photo : RPM - Cofondatrice de l'association Femmes dans la Cité dont elle est présidente depuis 2 ans, Catherine Martinez achève aussi son mandat de présidente du secours catholique du Var.
Elle est présidente de Femmes dans la Cité depuis deux ans, après en avoir été l'une des cofondatrices. Elle fait aussi partie de l'Avie, l'association qui gère le restaurant d'insertion Le Petit Prince. Enfin, depuis 2002, elle est aussi présidente du secours catholique du Var. Si l'on précise en plus qu'elle fait chanter la chorale de Berthe, nombreux sont ceux qui l'ont déjà reconnue.
Par décret en date du 30 janvier 2008, Catherine Martinez a été nommée au grade de chevalier dans l'ordre national du mérite (1). Un honneur inattendu - pour elle mais pas forcément pour son entourage - dont elle espère surtout qu'il mettra en avant toutes celles et tous ceux qui sont engagés à ces côtés.
« Créer du vivre ensemble »
Ses engagements à elle partent tous du projet de Femmes dans la Cité, « qui est de créer du vivre ensemble », en partageant un thé et les soucis du moment, en apprenant à lire, en jardinant ou en aidant les enfants à faire les devoirs.
Un peu plus tard, avec l'Avie, elle a suivi les femmes de la cité quand elles ont pris le chemin de l'insertion professionnelle. Sur les fourneaux du Petit Prince, elles cuisinent leurs racines pour nourrir leur avenir.
Aujourd'hui, c'est auprès des étrangers sans papiers que Catherine Martinez s'investit.
« En 1999, pendant la guerre de Yougoslavie, j'ai été salariée du secours catholique pour gérer l'accueil des réfugiés Kosovars. Je suis devenue présidente de l'association plus tard. » Une présidente très attentive « à toutes ces histoires qui remontaient des équipes, ces vécues de personnes sans papiers, marginalisées parce qu'à un moment donné elles n'ont pas su, pas pu suivre leurs dossiers et qu'elles ont perdu leurs droits. »
La pratique de l'hospitalité
« Notre souci, c'est comment on soutient les personnes pour qu'elles aient accès à leurs droits. Pour qu'il y ait justice, il faut que les gens puisent vraiment se défendre », remarque Catherine Martinez.
Au secours catholique comme à Femmes dans la Cité, elle explique qu'elle pratique l'hospitalité. « On fait connaissance, on partage des morceaux de vie. Cet échange est extrêmement enrichissant. Il est interculturel, il nous aide à vivre ensemble, à créer des liens et des solidarités. » Ne pas avoir peur de l'étranger, c'est pour elle « une posture de vie » qu'elle explique au détour d'une phrase. « Je suis née à La Seyne. Mais je suis d'origine alsacienne. Petite fille, je me suis souvent fait traiter de Boche. Après il y a eu les Ritals, les Pieds Noirs, les Arabes... »
Il y a toujours des étrangers. Il y a aussi, à leurs côtés, des gens qui pratiquent l'hospitalité.
1- La date de remise de la distinction n'a pas encore été fixée.
source: Caroline Martinat - Var Matin


