La Seyne: Stéphane Morel a largué les amarres, hier en kayak

Photo : D. L.
Maryse est au bord de l'eau et ronge son frein. « ça ne me plaît pas trop. Mais je n'ai pas le choix. Alors, je préfère ne pas y penser ». Maryse, est la maman de Stéphane Morel, cet enseignant de tous les défis qui, hier, a largué les amarres depuis Saint-Elme pour, dans un premier temps, Port Cros, puis la Corse et enfin la Sardaigne. « C'est un fou » s'exclame l'un de ses amis venus pourtant l'encourager avant son départ, hier matin. Quant à Maryse, elle n'a pas bougé d'un pouce. Elle est toujours là, debout sur le sable, la main posée sur une joue, a se morfondre « Certes, je suis préparé depuis septembre 2007, date à laquelle Stéph a décidé de se lancer dans cette folle aventure, mais je n'arrive pas à m'y faire ».
Il plaisante avec ses amis
Le départ est imminent. Engoncé dans son kayak, Stéphane voit défiler ses amis un à un pour le saluer. L'aventurier plaisante. « C'est le moment ». Les deux mains dans l'eau, la pagaie posée devant lui, juste à côté d'un sac à provisions (trois jours de bouffe, selon sa maman), Stéph, a le sourire. Il écoute un de se potes. Il répond. « Dans quelques heures j'aurai mal partout. La position allongée n'est pas recommandée pour la circulation du sang. Tu as mal aux jambes quand tu débarques ». D'autres amis se précipitent pour l'encourager. Le départ n'est plus qu'une question de minutes. « Je compte arriver à Port Cros avant la nuit. Demain (lisez aujourd'hui) je pourrais rallier la Corse sans escale ». Steph scrute la météo. Une légère brise souffle dans le petit port de Saint-Elme. « Il va falloir y aller. C'est l'heure ». Stéphane donne un tour complet à son embarcation. Il est 9 h 30. Il commence à pagayer en attendant deux kayakistes qui vont l'escorter quelque mille nautiques. C'est parti, Stéphane Morel contourne la digue du port de Saint-Elme. Dans un dernier élan, Maryse et ses amis foncent pour apercevoir, une dernière fois, le héros.... Il s'éloigne, escorté par le voilier de son père. On l'aperçoit encore. Minuscule au fur et à mesure de son éloignement de la cote. « C'est un point blanc (ndlr, à cause de son drapeau blanc qui flotte à l'arrière de son kayak) que l'on perçoit à peine » lance un ami. Un petit point blanc qui finit par disparaître au large. Stéphane Morel est au milieu de la Méditerranée. Puis il disparaît définitivement. L'aventure, la vraie, commence pour lui. Bon vent Stéph.
source: Michel Pasquini - Var Matin



