La Seyne: Le prix du baril flambe, pas celui des billets de bateaux
Cherté de l'essence et bateaux gourmands en carburant font grimper les factures des compagnies maritimes. Mais les tarifs n'augmenteront pas cet été.

Photo : Dominique Leriche - Les bateaux d'excursions maritimes consomment en moyenne 100 000 litres de gasoil par an. Avec la flambée du pétrole, l'addition devient salée.
Plutôt perdre de l'argent que tous leurs clients. C'est le parti pris par les compagnies d'excursions maritimes. Cet été, le prix des billets pour aller visiter les calanques, se rendre à Porquerolles ou bien sur les îles des Embiez ou Bendor n'augmentera pas. « Le gouvernement nous a dit de répercuter la flambée du prix de l'essence sur celui des billets. Si je le fais, mes tarifs vont grimper de 75 % ! », s'enflamme Francis Gauthé, gérant de la société maritime sanaryenne.
Les routiers, les pêcheurs et les agriculteurs protestent. Les professionnels du tourisme, eux, font le dos rond. Car sans client, plus de business. Mais peut-être aussi parce qu'il serait difficile d'augmenter des tarifs parfois jugés excessifs par les locaux.
De 48 à 86 centimes d'euro le litre de gasoil
« Nos tarifs n'ont pas augmenté, mais on est forcé de réduire les rotations sinon cela nous revient trop cher », se défend Hervé Lucas. Le directeur des liaisons maritimes à Paul Ricard a joué au jeu des comparaisons : « L'an dernier, le litre d'essence hors taxe coûtait 48 centimes. Cette année, il est monté à 86 centimes ! Depuis, c'est redescendu un peu. Aux alentours des 76 centimes d'euros ». Avec des bateaux qui consomment en moyenne 100 000 à 120 000 litres de gasoil par an, le budget essence explose ! « L'essence représente 20 % de mon chiffre d'affaires. L'an passé le poste gasoil a dépassé celui des salaires. Je sens que cette année, cela va dépasser les salaires et les charges », explique Francis Gauthé qui a dû consentir une augmentation d'un euro sur le prix des billets enfants.
Un bateau écolo moins gourmand en essence
Si la situation n'évolue pas, les tarifs grimperont sûrement l'an prochain. Mais pour Philippe Bachelard, gérant de la société Atlantide, basée à Bandol cette solution n'est pas bonne : « On ne peut pas jouer beaucoup sur les tarifs car à la fin, c'est toujours le client qui trinque et à un moment donné on n'aura plus personne ! Si la situation ne change pas, on est mort dans 4 ou 5 ans ». Funeste présage... L'alternative ? Elle est peut-être écologique. « On travaille sur la création d'un bateau propre avec un système de propulsion novateur. Il consommera 50 % d'essence en moins. », explique Hervé Lucas de la société Paul Ricard.
source: O. M. - Var Matin


