La Seyne: Le fabuleux destin musical de la jeune Julie Sgarro
L'harpiste seynoise franchie une à une les étapes la menant au sommet. Prochaine halte : Leipzig en Allemagne

Photo : Magali Ruffato - Julie Sgarro (en noir), entourée de sa famille, s'apprête à déménager pour Lepzig où elle intégrera l'orchestre du « Gewandhaus ».
Julie Sgarro va vite. À 24 ans, elle entre dans l'orchestre du « Gewandhaus » de Leipzig en tant que harpiste « titulaire ».
Dans l'un des plus grands orchestres d'Allemagne, les deux harpes ont une place équivalente. Une promotion par rapport à son rôle de seconde harpiste à l'orchestre Philharmonique de Berlin, pourtant l'un des plus grand orchestres du monde. Pendant un an, elle sera donc à Leipzig, le temps de sa période d'essai. Mais Julie ne voit pas plus loin. « Mon avenir ? J'en ai aucune idée ! » Elle a raison de ne pas faire de plan. Qui aurait pu prédire un tel destin ?
De la cité varoise, elle s'expatrie en Allemagne à 18 ans. À Hambourg, elle intègre l'équivalent du conservatoire national supérieur. Pendant quatre ans, elle parfait sa formation sous la coupe du grand soliste Xavier De Maistre (Seynois lui aussi). Puis elle intègre l'institut Karajan, du nom du célèbre chef d'orchestre autrichien. Julie Sgarro est en proie au stress. « Pour l'audition de Leipzig, honnêtement, j'étais en panique ! »
« Nous sommes super fiers ! »
Sa petite soeur Eva confirme : « nous l'avons soutenu pour les quelques passages difficiles... mais je suis super contente qu'elle fasse ce qu'elle aime ». Si sa voix trahit un léger regret, celui de ne pas voir sa soeur aussi souvent qu'elle le souhaiterait, Eva ne cache pas sa fierté, tout comme ses parents, Linda et Carmine : « Nous sommes super fiers, plus que fiers même. Nous n'avons pas beaucoup l'occasion de la voir, mais maintenant qu'elle est une des premières harpistes, elle sera plus visible ! » Ces jours-ci, Julie sera en plein déménagement, accompagnée de sa petite soeur qui vient l'aider à empaqueter ses cartons.
Coup de foudre
Julie Sgarro marche à l'émotion. « Je suis venu à la harpe grâce à un coup de foudre. Je ne m'en rappelle plus vraiment, mais ma mère me raconte que c'est en voyant un cours donné par Vassilia Briano que je suis tombé sous le charme de l'instrument à cordes ». Aujourd'hui encore, son travail sur les oeuvres qu'elle interprète se fait surtout à l'oreille, et peu à l'étude acharnée. « Je ne lis pas forcément les pièces en totalité. Chacun a sa manière de voir la musique. Moi c'est plutôt par l'écoute de la musicalité d'une pièce, moins par son contexte d'écriture. » Son père concède : « Elle a eu de la chance, mais pas seulement. Elle travaille beaucoup. » En tout cas, après son déménagement, Julie prendra des vacances bien méritées « à Rome, en famille. » Et sa playlist de l'été ? « Je n'écoute pas forcément de musique classique, en CD du moins. Bjork, ou Coldplay plutôt ! » Pour entendre sa musique à elle, et les douces mélopées que produise sa harpe, il faudra attendre un nouveau concert en France (comme la semaine dernière à Aix). En espérant ne pas attendre trop longtemps !
source: Romain Alcaraz - Var Matin


