Jean Dupuy à La Seyne sur Mer
Peinture . Deux expos donnent un aperçu de l’oeuvre multiforme de l’artiste.
Deux expositions reviennent sur l’oeuvre de l’artiste Jean Dupuy, l’une à la villa Arson à Nice et à la villa Tamaris de La Seyne-sur-Mer.
Dans les années cinquante, Jean Dupuy réalise une peinture gestuelle qui tient de l’écriture. Le peintre Georges Mathieu, l’artiste alors le plus médiatisé de l’abstraction lyrique, lui permet de passer à ce mode de peinture. Mais il devient vite complice de Jean Degottex, autre peintre gestuel mais dont la pratique est moins dans la démonstration spectaculaire que dans la simplicité zen.
On voit à la Villa Tamaris les larges giclées de peinture, que l’artiste couche sur des supports au sol. Cette peinture augure de ce qui pousse Jean Dupuy à continuer. Ce sont ces peintures sauvées de la Seine, lorsqu’en 1967 il les y jette, qui sont présentées à La Seyne-sur-Mer. S’il n’est pas reconnu comme membre de la peinture gestuelle, c’est parce qu’il a décidé d’oublier cette période où pour cent peintures réussies, il en ratait des milliers. Il l’a achevée en réalisant des trompe-l’oeil à partir de cette démarche gestuelle. Il reproduit sur des toiles de 250 x 140 cm des petites peintures gestuelles exécutées sur des formats A4. Cet « écart » l’a définitivement éloigné de Jean Degottex qui s’est senti alors trahi.
Pour l’exposition de la villa Arson, ce qui compte le plus pour Jean Dupuy c’est la - présentation de la pièce F.E.W.A.F.U.E.L. N’exposer que cette oeuvre lui aurait suffi. Cette machine a été conçue pour une exposition aux États-Unis, « Art et Technology », pour laquelle chaque artiste devait présenter une oeuvre réalisée par une industrie. C’est alors que Jean Dupuy est mis en contact avec la firme de moteurs diesels Cummins Engine Compagny. Il propose un projet qui rendra visible le feu, la terre, l’eau et l’air grâce au circuit d’un moteur diesel. En fait la machine sert de révélateur et permet de voir l’aspect hyperpollueur de ce genre de moteur et donc de cette industrie. La firme n’avait pas vu cela et comme le scandale éclate dans la presse, Cummins Engine Compagny fait retirer l’oeuvre de l’exposition, donnant la pièce à l’artiste qui l’a conservée puisqu’elle est aujourd’hui propriété du fonds régional d’art contemporain de Bourgogne.
(1) Jusqu’au 7 septembre 2008
« À la bonne heure ! »,
villa Tamaris, La Seyne-sur-Mer, Tél. : 04 94 06 84 00.
Et jusqu’au 28 septembre
villa Arson, Tél. : 04 92 07 73 91.
source: Lise Guéhenneux - www.humanite.fr


