Tu crois qu'à l'époque il y avait un docteur pour constater le décès ?
Le terme "Croque mort" vient que dans le temps, c'était un homme qui, pour constater la mort mordait un doigt de pied du défunt et en absence de réaction, il officialisait le décès.
GAMBISTORTI
Membre
Date du message : mardi 7 octobre 2008 à 16h37
DECONATOR
Visiteur
Date du message : mardi 7 octobre 2008 à 17h04
et "pompes funèbres", ça vient d'une circonstance particulière où le croque mort a eu affaire à un cul de jatte...
Je serais absent quelques temps.....
LoulouDesLilas
Visiteur
Date du message : mardi 7 octobre 2008 à 18h21
Tiens, ca me rappelle des "contes de la pipe en terre"....de Mac Orlan ?
ou alors de la comtesse en terre ???
Attends moi, deconator, j'arrive...
GAMBISTORTI
Membre
Date du message : mardi 7 octobre 2008 à 19h38
Bonne question Déconator. Peut être qu'il lui mordait autre chose !!!!!
Non, mais sérieux, cette chose est vraie.
GAMBISTORTI
Membre
Date du message : mercredi 8 octobre 2008 à 18h35
Novembre 1942. Sabordage de la flotte.
C'était hier.....j'avais 5 ans et c'est aujourd'hui encore. Nous habitions aux Mouissèques et mon père comme tous les jours était rentré à son travail à l'atelier Mécanique, aux turbines.
Vers les 8 heures il rentra précipitamment à la maison en raison de l'imminence du sabordage de la flotte de Toulon et de l'arrivée des boches.
Un navire militaire se trouvait en réparation au chantier et c'est pour cette raison qu'il avait voulu nous éloigner.
Nous sommes donc partis avec baluchons, poussette où se trouvait ma petite soeur et surtout nos jambes, pour nous éloigner de la zone dangereuse en direction de Fabrégas, chez des amis.
Toute la jounée on entendit des centaines d'explosions mais nous, minots a vrai dire on ne s'en souciait pas trop.
Madame S....., trés gentille nous avait gâtés et même offert du ..........lait sucré. Ouai du lait sucré, vous avez bien lu. On connaissait pas ça nous.
Où la mémoire va se figer.......... (alors que maintenant je ne me souviens même pas ce qu'on a mangé à midi).
Donc, en fin d'après midi, le calme semblant être revenu nous sommes rentré au bercail par le même chemin et les mêmes moyens.
Putain ce lait sucré!!!!!!!! "Tu veux marcher!!!!! Regarde ton frère....toujours devant lui et en plus il joue de l'harmonica!!!!"
La petite colonne Gambi-Stortiesque arriva sur la place des Mouissèques pour voir........des colonnes de chars, des colonnes de fumée, des auto-chenillettes, entendre des voix étrangères et voir des soldats vert-de- gris.
C'était les boches qui gardaient des dizaines de marins français qu'ils avaient fait aligner le long du mur des chantiers, les mains sur la tête.
Dans la nuit (ça on me l'a dit parceque je dormais profondément), un marin s'échappa et vint taper à notre porte pour avoir quelques provisions et surtout des habits civils que mon père lui donna.
Nous allions connaître l'occupation et aussi un autre logement, plus éloigné de ces chantiers, au quartier Barban.
Demain si vous êtes sages
je vous raconterai le déménagement vers Barban.
Je vous ai trop gonflé aujourd'hui. ![]()
Lucien
Modérateur - SAPEURS POMPIERS
Date du message : jeudi 9 octobre 2008 à 16h07
Salut Gambi,
Tu avais cinq ans, j'allais en avoir dix. Nous habitions 6 rue Parmentier, à quelques pas du port. je me souviens avoir été révéillé par les premières explosions, puis par les nouvelles données par mon oncle, alors pêcheur pro (tiens il avait son bateau aux Mouissèques), qui debout de bonne heure et ancien marin, connaissait tous les navires. Il nous annonça que la flotte se sabordait, une nouvelle difficile à penser de gens proches de la mer. Nous étions descendus au coin de la rue et du port envahis de monde, et assistions consternés, aux explosions parfois énormes, d'autres plus sourdes, suivies des feux et de la fumée. Beaucoup avaient des larmes dans les yeux, et ça n'était pas que la fumée, j'en suis sûr
Ensuite des grondements de moteurs et des bruits de chenilles de plus en plus proches , et nous vu passer les premiers chars allemands, dont certains aux dires des anciens étaient des panzer SS, car ils portaient aux revers de leur veste une tête de mort, ce que l'Histoire nous a confirmé. Ce défilé a duré pratiquement jusqu'à tard dans l'aprés midi. Nous avons su par certains fins observateurs, qui avaient finis par relever certaines caractéristiques des véhicules, que les colonnes tournaient en boucle, sans doute pour impressionner la population, en passant pas la route des Plaines et Six-Fours. Nous avions l'impression effectivement qu'ils étaient plus nombreux que nous. Puis ont commencé à arriver des marins prisonniers escortés par des allemands à pieds, la colonne s'étant arrétée sur le port, nous avions des nouvelles, il y avait eut des combats dans la base de St Mandrier. Parmi les marins prisonniers, certains d'entre eux, profitant du remue ménage se sont éclipsés, et nous leur avions fournis des vêtements civils ainsi que d'autres voisins.
Mais je reste marqué par ces navires dont pour certains seules les superstructures apparaissaient, et ce ces fumées noîratres, visibles de ce que nous connaissons sous le nom de "la Caisse", ni plus ni moins que l'emplacement du monument aux morts.
Mon oncle, décédé depuis fort longtemps, avait réussit à prendre des photos assez rapprochées, deux, trois jours après, sous prétexte d'aller relever ses paniers à sars. Je ne sais ce qu'elles sont devenues, (même en noir et blanc), elles doivent valoir témoignage.
@+
PS- Je ne pense pas que ça gonfle quelqu'un, il s'agit d'une infime partie de l'histoire de notre ville, chose que d'autres ont relaté sous d'autres formes
GAMBISTORTI
Membre
Date du message : jeudi 9 octobre 2008 à 17h19
Lucien, nous avons vécu les mêmes moments et en avons gardé le même souvenir.
Pour moi, c'est un peu plus vague étant plus jeune mais ces moments resteront à jamais gravé dans ma mémoire.
Es tu resté à La Seyne après ces évènements? Nous (les enfants) nous sommes partis dans un bled de Bretagne avec ma mère parcequ'elle était de là haut et que nous pouvions y manger à notre fin.
Les femmes et enfants seynois étaient priés de quitter la ville et beaucoup se sont retrouvés dans des fermes de la Drome ou de la Haute Loire.
Je connais aussi la courageuse participation de ton père dans la résistance dans la région niçoise aussi je croyais que ta famille était de cette région.
Andrée Bonifay
Visiteur
Date du message : jeudi 9 octobre 2008 à 19h44
Et bien pour alimenter un peu ce sujet très intéressant, moi qui n'ai pas connu autant que vous les quartiers anciens de notre belle ville, je vais juste pour l'instant vous parler de ce que je me rappelle. Des personnages en particuliers. Tiens, par exemple, Ficelle. De son vrai nom, Paul Saurin. Mon grand père l'appelais "ficelos". Je m'en rappelle parce qu'il est décédé après 1980 (peut être peut on me donner la date exacte). Il était très grand et très maigre (probablement pour cela qu'on l'appelait ficelle d'ailleurs). Il avait toujours la colère contre tout, et j'en avais peur. Peut être à tort d'ailleurs. Mais lorsque je le croisais, je changeais de trottoir !.Il buvait beaucoup me semble t il. Et aimait beaucoup le rugby, non? Mais ça Gambi va surement pouvoir me le dire
Andrée Bonifay
Lucien
Modérateur - SAPEURS POMPIERS
Date du message : jeudi 9 octobre 2008 à 20h18
Ah le grand Ficelle! personnage historique au même titre que Georgette , Sénégal et d'autres. Saurin effectivement, chère Andrée, votre mémoire n'est pas en défaut
Mais vos craintes étaient infondées: il n'aurait jamais fait de mal à une mouche
, avec sa casquette de marin blanche et son éternel foulard rouge, il aimait bien effectivement faire "le tour des chapelles"
, et levait assez bien le coude. Je confirme: mordu de rugby, il était de ceux qui derrière la barrière, se déplaçait en suivant le ballon. Me trompe-je Gambi?
Cordialement
Andrée Bonifay
Visiteur
Date du message : jeudi 9 octobre 2008 à 21h59
on me dit qu'il habitait au brusc? Est ce vrai?
Andrée Bonifay


