La Jeunesse sportive seynoise en redressement judiciaire
social: En cessation de paiements depuis la fin août, l'association d'insertion et d'accompagnement par le sport devrait voir son avenir scellé à la fin novembre
« On nous a demandé de maintenir la paix sociale, nous nous y employons ». Le directeur général de la Jeunesse sportive seynoise, Stéphan Rafanel, ne cache pas la période tourmentée à laquelle doit faire face l'association, et dont les conséquences pourraient être lourdes en terme d'insertion et d'accompagnement social par le sport au coeur de Berthe.
En cessation de paiement depuis la fin du mois d'août, l'association a été placée en redressement judiciaire le 4 septembre dernier. Le point de non-retour d'une situation financière déficitaire de plus en plus alarmante avec les années.
« Des alertes non suivies d'effet »
En juillet dernier déjà, l'ensemble des partenaires financiers avaient sollicité un audit afin de « faire la lumière sur la situation financière réelle » de la structure, dont le chiffre d'affaires avoisine le million d'euros : « On ne peut continuellement répondre aux sollicitations financières des associations sans, un jour, s'en inquiéter », résume en substance Caroline Gadou, sous-préfète en charge de la politique de la ville et de l'emploi. D'autant « que les alertes du commissaire aux comptes n'avaient pas été suivies d'effet », ajoute Caroline Gadou.
L'audit de la Trésorerie générale effectué en juillet dernier, n'a fait que confirmer les difficultés de la structure : avec un chiffre d'affaires de 900 000 euros annuels, la JSS présenterait selon Rachid Mazhiane, adjoint au maire en charge de la politique de la ville, un « passif de plus de 400 000 euros » courant sur les exercices antérieurs. Problème de gouvernance, manque de vigilance, d'anticipation dans la gestion du budget compte tenu de la multiplication des activités, absence d'un plan de subvention validé... à titre d'exemple : « Nous avons constaté, poursuit Caroline Gadou, qu'il arrivait à la JSS de lancer des actions (des chantiers d'insertion ndlr) sans avoir la garantie des subventions. »
Information judiciaire à la demande du préfet
Ces erreurs de gestion, ces « dérapages » sont-ils intentionnels ou non ? L'avenir le dira, mais « le préfet a effectivement saisi le procureur de la République » ne cache pas Caroline Gadou. « Des manquements de différentes natures ont été constatés sur l'utilisation des fonds publics » ajoute-t-elle. Une information judiciaire est en cours.
Sans perdre de vue ces considérations, et en attendant d'être fixée sur son sort lors de la prochaine audience devant le tribunal d'instance, à la fin du mois de novembre, la Jeunesse sportive seynoise met tout en oeuvre pour maintenir ses activités football et soutien scolaire, notamment.
« Nous sommes toujours en période d'observation, relève Stéphan Rafanel. à l'heure actuelle, notre compte de résultat présente un déficit de 160 000 euros. Nous nous employons à obtenir le versement des subventions votées, mais non encore versées (pour un montant de 45 000 euros). Fin novembre, nous serons fixés sur l'état réel de nos créances et là, nous verrons. D'ici là, nous faisons tout pour que la structure poursuive ses missions » en s'appuyant sur de nombreux bénévoles. En effet, le « nombre de salariés est passé de 18 en début d'année précise Rachid Mazhiane, à 8, dont 5 CDD » qui arrivent à échéance fin octobre.
Tous les partenaires, d'ailleurs, entendent « préserver, sinon la structure en l'état, du moins son activité ». « L'association est un outil, précise en ce sens Caroline Gadou. L'important est ce qu'elle fait. »
source: K. M. - Var Matin


