La propriété construite près de la plage crée des remous
fabrégas: Des riverains anonymes se sont plaints à la mairie de l'édification d'une villa contemporaine en bord de mer. Les propriétaires, offusqués, s'expliquent

Photo : Rina Uzan
Le chantier de la maison qui soulève la polémique à Fabrégas est situé dans une zone UF, constructible jusqu'à 9 mètres de haut. La villa n'en fera que 6, pour 198 m² de surface habitable.
La villa aux contours modernes dévoile ouvertement ses généreuses formes de béton devant la plage de Fabrégas. Malaise. Car dans le petit quartier touristique, le charme de cette maison d'architecte ne séduit pas tout le monde.
« C'est quelque chose de gigantesque. On dirait un blockhaus. En 1942, les Allemands n'auraient pas fait mieux », ironise un riverain. « C'est une verrue sur la plage », glisse un autre habitant du quartier.
« C'était une erreur de délivrer le permis de construire. C'est insensé. On dit vouloir protéger le littoral, alors pourquoi on laisse faire ça ? », s'interroge un pêcheur. Les remontrances fusent et les rumeurs, comme la prétendue illégalité de la construction, courent.
Un procès-verbal dressé par la mairie et la DDE
Depuis le dépôt du permis de construire en 2005 et le début des travaux, le couple de propriétaires a eu tout le loisir d'entendre ces griefs.
Aujourd'hui, Hans et Anne-Marie Schneider-Muntau qui habitent à 100 mètres à peine du chantier se disent choqués et blessés par l'hostilité ambiante. « On a reçu des lettres anonymes mais jamais personne n'est venu se plaindre ouvertement », explique Hans. « Une association, qui n'existe même pas a priori, a également envoyé des courriers à la préfecture et en mairie. D'ailleurs, nous avons eu la visite de leurs services », ajoute Anne-Marie.
« Nous avons reçu de nombreux courriers, confirme Claude Astore, l'adjoint à l'urbanisme (voir encadré). La DDE est allée inspecter le chantier et nous avons dressé avec les services de l'État un procès-verbal.
« La hauteur constatée présentait une surévaluation de 60 centimètres », précise l'adjoint à l'urbanisme.
« La maison de nos rêves »
« C'est vrai, avoue Hans. Deux éléments n'étaient pas conformes. C'était une erreur, une idiotie. Mais comme je respecte les règlements, on a cassé la toiture. Le gros oeuvre était pourtant terminé. On a dû refaire tout le haut. C'était une énorme dépense », explique le septuagénaire allemand. Sa compagne accuse un peu le coup. « Je suis surprise. Je ne comprends pas cette animosité. Est-ce de la jalousie ? On nous prend pour des étrangers. Mais ma famille est enterrée à Toulon. Je viens à Fabrégas depuis 1950. Je me sens de ce village. On ne veut pas de cette animosité. Mon mari a travaillé jusqu'à 70 ans pour qu'on puisse se payer la maison de nos rêves et pouvoir passer la fin de nos jours ici », témoigne Anne-Marie.
« Plus de problème pour la mairie »
Les travaux sont arrêtés depuis septembre. Mais le chantier pourrait vite redémarrer. « Si les propriétaires se sont mis en conformité, il n'y a plus de problème pour la mairie », affirme Claude Astore. Reste l'architecture contemporaine qui tranche avec l'ambiance néo-provençale. « Attendez de voir le résultat. Nous allons peindre, planter des palmiers et des bougainvillées. L'architecte a fait un travail de fou pour intégrer la maison au littoral », résume Hans. « De près, l'impact visuel est impressionnant. En revanche quand on prend du recul, on s'aperçoit que la villa s'intègre bien, mais surtout qu'il y a d'autres maisons bien plus importantes », souligne l'élu. Des maisons provençales ?
source: O. M. - var matin



