Encore un anniversaire sans Sophie pour la famille Scharbook
Enlèvement Le papa de la petite Seynoise, cachée en Algérie par sa grand-mère maternelle, sera reçu demain à l'Élysée. Sa petite Sophie, qu'il n'a pas vue depuis mars 2005, aura 7 ans mercredi

Photo : Dominique Leriche
Aux côtés de sa mère et de sa soeur, dans l'appartement familial sur le port de La Seyne, Jacques Scharbook ne parle plus d'espoir, trois ans et demi après l'enlèvement de sa fille. « L'espoir ? C'est quand je tiendrais ma petite dans les bras. En juillet, j'y ai cru et elle n'est toujours pas là. Maintenant j'attends. Je repars en Algérie en fin de semaine. Et je ne reviendrai jamais sans elle. »
Mercredi 10 décembre, Sophie Scharbook aura sept ans. Née à La Seyne en 2001, la fille de Jacques Scharbook et de son épouse Fatima est française. Mais depuis le décès accidentel de sa maman en mars 2005, elle n'a plus revu son papa. Sa grand-mère maternelle a refusé de la rendre à son gendre après les obsèques de sa fille. Depuis, Sophie vit cachée. Elle ne va pas à l'école.
À La Seyne, sa grand-mère paternelle Suzanne et sa tante Colette comptent les jours, les mois, les années. Elles s'attendent à fêter encore un anniversaire sans Sophie, encore un Noël sans leur petite fille.
Mais elles gardent courage, comme Jacques Scharbook, qui n'a jamais baissé les bras.
Une décision judiciaire favorable mais pas appliquée
En février dernier, la belle famille de Jacques a épuisé tous les recours et la justice algérienne lui a donné raison définitivement. L'arrêt de la Cour suprême confirme ses droits de père, sans ambiguïté. Elle ordonne que Sophie lui soit rendue.
À ce moment-là, après de trop longs mois de procédures, Jacques Scharbook était persuadé que le cauchemar allait prendre fin, qu'il allait retrouver sa fille.
Pourtant, la décision de la justice algérienne est restée sans effet, malgré les interventions répétées du gouvernement français.
Dès février, la garde des Sceaux, Rachida Dati, est intervenue en soulignant « la nécessité absolue de localiser l'enfant et de la remettre à son père ». En juillet, c'est un conseiller de la présidence qui s'est rendu à Alger. Jacques Scharbook, qui vit près d'Oran, l'a rejoint. « Il est intervenu à plusieurs reprises, nous avons été reçus ensemble par le patron de la police », raconte-t-il.
Le père de Sophie a pu rencontrer François Fillon, le Premier ministre et Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur. Il a multiplié les courriers auprès des parlementaires français. Le député de la circonscription, Jean-Sébastien Vialatte vient d'ailleurs de lui faire parvenir la réponse à la question qu'il a posée à l'Assemblée nationale à la garde des Sceaux en juillet dernier. Du texte, publié au journal officiel, il ressort « la difficulté de faire appliquer une décision algérienne, en Algérie ».
Un rendez-vous demain avec Nicolas Sarkozy
Aujourd'hui, Jacques Scharbook en est réduit à se poser des questions, à échafauder des hypothèses.
Demain, il espère que Nicolas Sarkozy, qui doit le recevoir à 11 heures, aura pour lui des réponses. « Je voudrai qu'il s'implique personnellement. Quand le Président s'occupe d'une affaire, comme celle d'Ingrid Bétancourt ou des infirmières bulgares, ça peut prendre une autre dimension. »
Pour le papa de Sophie, c'est désormais « le seul moyen pour qu'on me rende ma fille. J'espère qu'il interviendra auprès du président Bouteflika...»
Jacques Scharbook était prêt, il y a quelques jours encore, à s'enchaîner aux grilles de l'Élysée pour crier son désespoir. « Je ne veux plus me contenter de simples "assurances". Je veux qu'on me rende ma fille. Que ce soit une décision algérienne, ce n'est pas mon problème. Sophie est Française et la constitution de notre pays dit bien que l'État doit aide et assistance à ses ressortissants. »
source: Caroline Martinat - var matin


