Le projet de cimetière au Camp-Laurent ressuscité

Photo : Éric Estrade - Le projet de cimetière à Camp-Laurent a usé plusieurs municipalités sans parvenir à être concrétisé. L'équipe Vuillemot réussira-t-elle où ses prédécesseurs ont échoué ?
Mâtinée studieuse, hier, salle du conseil municipal, où les élus participaient à la première séance de l'année. Avec, au programme, un serpent de mer bien connu des Seynois, qui hantent les municipalités successives depuis plusieurs décennies, à savoir le projet de cimetière à Camp-Laurent.
Deux délibérations portant sur les arrêts de procédure de la maîtrise d'oeuvre et de la délégation de service public pour la conception, la réalisation et l'exploitation du crématorium, étaient ainsi soumises aux conseillers municipaux. Raphaële Leguen, première adjointe, prenait ainsi la parole d'emblée afin de préciser la volonté municipale : « Ce n'est pas la fin du projet, bien au contraire. Nous avons eu l'opportunité d'acquérir un terrain permettant d'offrir un deuxième accès au site, par l'arrière. Dans le projet initial, le cimetière était enclavé, avec un seul accès, et les convois devaient traverser le cimetière pour se rendre au crématorium. En l'état, c'était inapproprié. »
Huit mois de réflexion
Cette acquisition permettrait également, selon l'élue, d'offrir un stationnement suffisant, et de mieux réorganiser les différents espaces du site, « notamment les carrés israélites et musulmans ».
Jugeant ces explications « crédibles », l'opposant Christian Battle s'étonnait toutefois « qu'il ait fallu un an pour se rendre compte que l'accès était difficile ». Son colistier Fathi Bousbih insistait sur « les souffrances de nombreuses personnes qui ne peuvent honorer leurs morts. »
« Ces huit mois de réflexion nous ont permis de trouver les solutions nous permettant de relancer immédiatement les procédures, répondait la première adjointe, pour justement ne plus prendre de retard. Le projet a été amélioré, nous avons pour cela consulté les différentes communautés religieuses, et nous avons pleinement conscience qu'il ne faut plus perdre de temps. »
« Il a été prévu un cimetière là où il ne fallait pas le mettre », faisait observer Christian Battle. « On est bien d'accord », répondait aussi sec Raphaël Leguen.
Michel Reynier, adjoint à la démocratie locale, renvoyait les élus de l'opposition dans les cordes : « Arthur Paecht et vous aviez annoncé l'ouverture de ce cimetière pour 2005. Depuis, vous n'avez fait que repousser le problème. C'est aujourd'hui à nous de le régler : vous êtes mal placés pour faire des reproches. »
Une incidence financière « minime »
Avant que les esprits ne s'échauffent trop sur un sujet qui tenait visiblement à coeur à l'ensemble des élus, Raphaële Leguen souhaitait conclure. « Nous devons nous réjouir ; une solution est en train d'être trouvée pour qu'aboutisse ce vieux projet. »
L'arrêt de ces procédures à également un coût, « minime de l'ordre de 14 000 euros environ, ce qui correspond à 2 % environ de ce que nous avons économisé en huit mois sur le seul budget communication », prenait soin de préciser Marc Vuillemot avant que les débats ne parviennent sur le terrain financier. « De plus, cela s'inscrit dans le lissage nécessaire des investissements. »
En renard aguerri de la politique Marc Vuillemot prenait « grand soin de ne pas faire d'effet d'annonce, de ne pas donner de date. Pour l'heure, l'important est de relancer la mécanique ! » L'épitaphe du projet de cimetière n'est pas encore écrite.
source: Philippe Zamari - var matin