L'« ItalRoro One » à quai jusqu'à sa vente... en décembre ?

L'« ItalRoro One », qui a été déplacé du môle d'armement, est un bateau, de type roulier, assez prisé en Méditerranée. Si Puglia Navigazione, son armateur, ne le vend pas avant, le navire sera mis aux enchères forcées. Un juge répartiteur versera ensuite l'argent aux créanciers, dont les marins.
Les marins ont pris l'avion pour la Roumanie et les Philippines mais l'« ItalRoro One » ne s'est pas envolé. Et sa carcasse rouillée risque bien de prolonger de quelques mois encore son séjour dans le port de La Seyne.
Le rapatriement des marins a été couronné de succès. Place désormais à la vente du « rafiot ». Les procédures judiciaires sont en cours mais elles vont prendre du temps. « Pratiquement un an, a priori pas avant décembre », juge Yves Reynaud de l'ITF (1), habitué à ce genre de transaction.
Prix du bateau : entre 1 et 2 millions de dollars
Le prochain rendez-vous interviendra le 12 mai : le contentieux entre les marins et leur armateur, Puglia Navigazione, sera examiné sur le fond par le tribunal des prud'hommes de Toulon.
La saisie conservatoire a été estimée à 150 000 euros. Il revient au tribunal de se prononcer sur le montant exact des créances dûes aux onze membres d'équipages. Le premier jugement est attendu fin mai, mais différents recours pourraient repousser l'échéance.
Entre-temps, si Puglia Navigazionne n'a pas trouvé preneur pour son bateau, le tribunal prononcera une vente aux enchères forcée. La valeur du bateau serait comprise dans une fourchette (large) d'un à deux millions de dollars. « Le marché du bateau d'occasion est en berne en ce moment, mais ce type de navire, un roulier, est assez prisé, notamment pour les trafics vers le Maghreb. Nous avons un bon espoir de le vendre, le mieux serait de pouvoir attendre que le marché remonte un peu », explique Yves Reynaud qui avance l'éventualité d'une vente autour de 400 000 dollars.
L'immobilisation initiée par les ravitailleurs
L'opérateur de ligne Brégaillon - Sousse, la compagnie OM Roroline, a déjà affiché sa volonté de racheter le bateau. Un accord transactionnel avec Puglia Navigazionne pourrait accélérer le départ du bateau et peut-être même le début de la rotation de la ligne.
Dernière possibilité : la liquidation judiciaire de l'armateur. Le bateau serait alors plus rapidement vendu.
L'immobilisation de l'« ItalRoro One » en octobre dernier avait été initiée par les ravitailleurs impayés, à la suite d'une saisie conservatoire (à hauteur de 700 000 dollars). Ironie du sort, dans la liste prioritaire des créanciers, les fournisseurs de carburant ne passeront qu'après le port, la chambre de commerce et les marins... Au vu des sommes engagées, ils risquent bien de ne jamais revoir la couleur de leur argent.
1 - International Transport Workers' Fédération, le syndicat des ouvriers du transport.
source: var matin






Après 3 ans à quai, le roulier "Italroro One" va quitter La Seyne












