« Les appartements squattés ne seront pas régularisés »

Photo : Dominique Leriche
Guillaume squatte depuis trois ans un logement dont il est prêt à payer le loyer. Il dit ne pas comprendre pourquoi il serait expulsé d'un appartement qui sera ensuite muré.
Guillaume (1) squatte un appartement du Germinal. Il vit ici depuis trois ans avec sa femme et ses quatre enfants. Il explique sans détour son histoire. « Je n'arrivais pas à trouver d'appartement. Pourtant, j'ai fait des demandes. Alors un jour, j'ai cassé la porte, on est rentré puis j'ai changé la serrure », explique le père de famille originaire de la communauté des gens du voyage.
Aujourd'hui, il souhaite être régularisé. « Je suis prêt à payer le loyer sans problème, je suis même prêt à payer les arriérés, à établir un échéancier avec l'office public d'habitat, mais ils ne veulent rien savoir. Je suis suivi par une assistante sociale. Elle me dit que tant que je squatterai, on ne pourra pas trouver une solution. Mais je ne vais pas sortir avec mes quatre enfants dans la rue pour attendre d'être peut-être relogé », témoigne Guillaume.
« Ne pas accepter la loi du plus fort »
Ce squatteur n'est pas un cas isolé dans la cité. Depuis cet hiver, le nombre d'appartements occupés illégalement a très largement augmenté, passant de 9 à 22 dans Berthe. Guillaume assure que ses intentions sont bonnes et qu'il s'entend bien avec son voisinage. Ce n'est pas forcément le cas de tous les squatters (voir ci-dessous), presque exclusivement des gitans.
Quoi qu'il en soit, la position de l'office public d'habitat est claire. Aucun logement squatté ne sera régularisé. « Nous vivons en société et il y a des règles à respecter. Accepter de les régulariser, c'est accepter la loi du plus fort. Quelle image donnerait-on aux gens qui attendent un logement depuis des années ? », demande Joël Canapa, le directeur de l'office.
« Ce logement sera de toute façon muré ! »
Récemment, lors de la réunion sur la réhabilitation du Fructidor, la sous-préfète Caroline Gadou a rappelé que « les squats étaient inacceptables » et qu'une fois la décision de justice obtenue, les expulsions seront systématiques.
Guillaume s'est rendu au commissariat. Il sait qu'il peut être expulsé du jour au lendemain. Il parle de la date du 23 avril. Et interroge : « Pourquoi m'expulser alors que cet appartement sera obstrué ? Je ne prends la place de personne, car de toute façon cette tour est vouée à la destruction ». Mais Joël Canapa campe sur sa position. « Ce cas de figure correspond à seulement trois logements sur vingt-deux. Si demain je le régularise, j'ai cinquante squats. Il est hors de question de faire une exception. Ne serait-ce par rapport aux 4 000 demandeurs en attente ».
1 - Le prénom a été modifié.
source: var matin


