La "frénésie immobilière" freinée par la révision du PLU

À Porte-Marine, de nombreux logements neufs ont vu le jour. Avec la deuxième tranche, d'autres programmes immobiliers doivent sortir de terre (en médaillon).
« Si cette équipe municipale est en place aujourd'hui, c'est en grande partie du fait des travers du précédent PLU. » Claude Astore, adjoint à l'urbanisme, semble conscient de l'attente des Seynois, suscitée par la révision du plan local d'urbanisme, et des enjeux liés. « Le principal objectif est de réduire la constructibilité, en établissant des zonages moins permissifs, plus qualitatifs. »
Trois réunions de concertation ont attiré des centaines de citoyens depuis la semaine passée à la salle Apollinaire, au domaine Saint-Georges, puis à Tisot. L'occasion de découvrir les axes de développement du futur PLU révisé, via le cadre réglementaire du PADD (projet d'aménagement et de développement durable).
Première révision « d'urgence »
« Vue l'urgence, il s'agit de faire une première révision pour mettre un stop à la frénésie immobilière en cours, déclarait notamment l'adjoint. Nous plancherons ensuite sur une révision plus profonde, abordant plus précisément les voiries, espaces verts, espaces boisés classés, etc. »
Car jusqu'à ce jour, la mairie ne pouvait refuser un permis de construire. « On a essayé une fois, mais le tribunal administratif a tôt fait de nous rappeler à l'ordre ! » Avec l'avancée de cette révision, Claude Astore espère pouvoir opposer dès la prochaine réunion des personnels et services publics associés (prévue mi-juin) un « sursis à statuer » pour tout éventuel nouveau dépôt de permis de construire. La municipalité aura ainsi mis un terme « le plus rapidement possible à une réelle aberration, qui a provoqué de vrais drames dans des secteurs où il n'y avait pas d'habitat collectif. De plus, la plupart des logements ainsi construits, à des fins de défiscalisation, coûtent de 3 000 à 4 000 euros le m², et sont inaccessibles aux Seynois moyens », selon l'élu.
Le « zéro béton » n'est toutefois pas à l'ordre du jour. « Certains quartiers ont été tellement construits que nous n'avons d'autres solutions que de les laisser en zone UA, ne serait-ce que pour ne pas léser une nouvelle fois les propriétaires pavillonnaires qui s'y trouvent encore. Encerclée par les nouveaux immeubles, c'est désormais leur maison qui fait parfois figure d'exception. Mais nous y ajouterons des contraintes, comme un retrait minimal par rapport aux limites du terrain, aux largeurs de voiries ou encore plusieurs places de parking par logement... »
Cette zone UA s'avère également « nécessaire au renouvellement de certains quartiers, notamment au centre-ville ». Mais sa portion est toutefois considérablement réduite.
Le PLU révisé permet donc à la municipalité Vuillemot de mettre en oeuvre une nouvelle « philosophie » urbanistique : finie la « frénésie immobilière », place à « l'habitat correct, à un tarif correct ».
source: P. Zamari - var matin


