Lu sur le site du Secours Populaire Francais.. Une idée a creuser
Aujourd’hui, la part du budget "transports" des ménages se situe en deuxième position derrière le logement et avant le poste alimentaire. Alors, lorsque des municipalités décident la gratuité totale sur leur réseau de transports publics, la mesure ne passe pas inaperçue, surtout auprès des usagers les plus modestes. Après les villes de Châteauroux, de Clermont-Ferrand et du Mans, l’agglomération du Pays d’Aubagne et de l’Étoile vient de franchir le pas. Depuis le 15 mai dernier, Les Bus de l’Agglo, qui desservent les dix villes de la communauté, sont devenus gratis pour tous. Partout en ville, des bannières suspendues aux réverbères affichent le même slogan : "Liberté, égalité, gratuité !". L’objectif de cette initiative n’est pas seulement social. Il vise aussi à abaisser de manière substantielle les émissions de gaz à effet de serre en réduisant, à terme, les 330 000 déplacements quotidiens de voitures sur le territoire de l’agglomération. Zahra n’a pas de véhicule mais, pour se rendre à son travail, elle emprunte le bus matin et soir. "Grâce à la gratuité, j’économise 45 euros par mois, sans compter mes trajets occasionnels et ceux des enfants." Pour cette veuve, avec trois enfants à charge, qui vit avec son seul salaire de femme de ménage auquel s’ajoutent quelques prestations familiales, le bénéfice a du sens et permet déjà d’améliorer l’ordinaire.
Assise à la gare routière, située à quelques encablures du centre-ville, Débora, la petite trentaine, plébiscite également la décision des communes de l’agglomération, et pas seulement pour la mise en place de la gratuité. "Aujourd’hui, certaines petites villes ne sont desservies que par Les Bus de l’Agglo. Pour leurs habitants, c’est aussi une occasion de rompre avec leur isolement. D’ailleurs, je trouve qu’il y a de plus en plus de personnes âgées dans les bus. Tout le monde se mélange, ça donne une ambiance sympathique", dit-elle. Une équipe de médiateurs sillonne les lignes pour éviter les dégradations que certains redoutaient. Mais de l’aveu de l’un d’entre eux, rien de tel ne s’est produit ou, en tout cas, pas plus qu’avant. "Il y a quelques incivilités et les pré-ados sont parfois turbulents, mais rien de méchant en vérité", souligne-t-il. Ce dispositif de prévention sera d’ailleurs levé dès le 1er juillet. Quant au manque à gagner sur la recette des ventes de tickets, soit environ 700.000 euros par an, il devrait être entièrement compensé par une taxe versée par les entreprises locales. En conséquence, pas d’augmentation des impôts locaux à l’horizon.