Les plaisanciers du Lazaret ne veulent pas « se faire racketter »

Photo : Éric Estrade
Dans les ports du Lazaret, comme ici à La petite mer, les plaisanciers se plaignent du manque d'infrastructures alors que les tarifs ont augmenté.
«Si le Syndicat mixte varois des ports du Levant veut nous augmenter les tarifs, il faut qu'il nous prouve que c'est justifié. Or nous n'avons plus de nouvelle depuis notre dernière rencontre, en mars dernier », souligne d'emblée Robert Capobianco, président de l'Association de défense des plaisanciers de la baie du Lazaret (1), lors de l'assemblée générale samedi dernier au centre de vacances RATP.
Depuis que le syndicat mixte, piloté par le conseil général et Toulon Provence Méditerranée, a pris en main la gestion des ports du Lazaret (2) en 2008, les plaisanciers se plaignent des factures trop salées. « On paie 100 à 300 % plus cher qu'avant selon la taille des bateaux », dénonce le président. Et de préciser : « Auparavant, les plaisanciers géraient eux-mêmes le port grâce à une AOT (Autorisation d'occupation temporaire) que la direction départementale de l'équipement avait accordée, bien que ce ne soit pas vraiment légal. On payait 9 euros le mètre carré d'eau, alors qu'aujourd'hui c'est 16 euros, plus l'appontage à 60 euros par an ».
Or, la plupart des plaisanciers du Lazaret sont « des retraités des chantiers navals ou de l'arsenal qui ont de petits moyens ». L'association a d'ailleurs demandé à ce que les redevances puissent être mensualisées.
« Il faut les infrastructures »
« Nous, on veut bien un port, mais pas pour se faire racketter », tempête Serge au fond de la salle. « En plus, on nous renouvelle les contrats tous les ans. On n'est pas des minots pour venir demander chaque fois la place au port ! », s'énerve Michel, un autre membre de l'association. « Il faut être clair : on est d'accord pour payer, mais il faut que les infrastructures suivent. Pour l'instant, on casque mais on n'a absolument rien », intervient Robert Capobianco.
L'association, qui représente 310 des 850 plaisanciers de la baie du Lazaret, a l'intention de monter au créneau.
Un courrier va être envoyé au syndicat et une délégation demandera à être reçue en octobre.
« On veut de la concertation. On a des propositions à faire, comme celle d'instaurer un règlement intérieur. Tous les ports en ont un, sauf nous », poursuit le président.
Si aujourd'hui, l'association cherche à négocier avec le syndicat mixe, elle ne perd pas de vue son objectif ultime : faire en sorte que les ports du Lazaret soient repris par la municipalité.
Une étude sur les ports de la rade
De son côté, le syndicat mixte varois des ports du Levant dément l'affirmation selon laquelle « l'Association n'aurait plus de contact avec le syndicat mixte ». « Il y a un maître de port sur place, M. Navarrin, qui fait le lien avec les associations », précise le directeur adjoint du syndicat, Jean Pedinielli. Quant aux augmentations de tarifs, « cela représente moins de 2 % entre 2008 et 2009 », poursuit-il. En ce qui concerne les futures infrastructures, le syndicat a lancé une étude pour « une refonte complète de la rade de Toulon ». Un comité de pilotage se réunira le 27 juillet. La concertation avec les associations et les élus devrait être organisée en septembre ou octobre.
1. Elle possède deux représentants au conseil portuaire.
2. Ils regroupent les ports du Manteau, La petite mer, Tamaris et Balaguier.
source: M. V. - var matin


