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Nicky
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Date du message : jeudi 25 juin 2009 à 04h26


Pollution : la Marine « carotte » dans la rade


Photo : Éric Estrade
Une fois prélevées, les carottes de sédiments sont « dépecées », sous des tentes à azote pour éviter leur altération par l'oxygène. L'analyse de la pollution prendra ensuite plusieurs mois.
Les carottes ne seront pas cuites... mais bel et bien découpées, séchées, tamisées, broyées et, finalement, décortiquées. Rien de très gastronomique là-dedans : depuis le 22 juin et jusqu'à demain, le Laboratoire d'analyse, de surveillance et d'expertise de la Marine (Lasem) effectue une campagne de prélèvements sédimentaires dans la rade. Petite et grande : les deux y passeront.

Cette action d'ampleur - une première historique dans le Var - s'inscrit en fait dans le cadre du Contrat de baie. Elle est ainsi mandatée par l'agglomération Toulon-Provence-Méditerranée et bénéficie donc de la coopération humaine et technique de la Marine, mais aussi de l'université du Sud-Toulon Var (USTV) ou encore de l'Ifremer (1).

Un an de pollution = 1 cm de sédiments

Objectif : dresser un état des lieux, une cartographie « extrêmement fine » de la pollution de la zone. Soit un état chimique « zéro » du fond marin, qui permettra d'observer l'évolution de la situation pour les années à venir. Et, éventuellement, de mettre en perspective l'efficacité des mesures environnementales prises dans le futur par la collectivité. À partir du bâtiment militaire Chevreuil, soixante-dix carottages, d'un mètre de long maximum, sont donc réalisés, ces jours-ci, dans le sous-sol méditerranéen. Chaque carotte découpée génère ensuite 20 à 40 échantillons différents. Le sédiment joue alors un rôle d'archive, de marqueur historique et infaillible de la pollution.

« On considère qu'avec un centimètre environ de sédiments, on a une photographie d'un an de pollution, explique Jean-Ulrich Mullot, responsable du laboratoire de chimie analytique du Lasem. Avec ces carottes, on obtient donc une idée des éventuels dégâts environnementaux, leurs évolutions et déplacements, sur plusieurs dizaines, voire une centaine d'années. »

Si leur quantité est encore inconnue, la nature des polluants, elle, est plus ou moins identifiée : métallique (plomb, mercure, fer, cuivre, etc.) ou organique (hydrocarbures dérivés de combustion pétrolière, pyralène, etc.). Quant aux facteurs, qui pour le coup n'adressent pas toujours de recommandés, il s'agit des entreprises, des navires, des habitants, de la pollution atmosphérique, voire naturelle, par lessivage des sols.

« Beaucoup de fantasmes »

« En raison de son trafic et des activités qui la bordent, la rade est une zone sensible », note sans réelle surprise Stéphane Mounier, enseignant-chercheur à l'USTV. Pourtant, ajoute-t-il, « il y a beaucoup de fantasmes, d'on-dit. Là, au moins, on va savoir l'état exact de la baie. Et peut-être - qui sait - avoir de bonnes surprises ».

Une dizaine de carottes supplémentaires seront encore extraites par le service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM), en novembre prochain. Avec cette fois des prélèvements de 5 mètres de long qui permettront de remonter jusqu'à 500 ans en arrière. Les premiers résultats sont attendus à la fin de l'année.

1. L'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer.
source: Ma. D. - var matin

...cordialement...Nicky...