Discours du Maire aux Allées Maurice Blanc du 27 Juin 2009

Mesdames, Messieurs,
Nous avons vécu depuis hier quelques moments d'émotion... Emotion parce que l'on a, ensemble, évoqué la mémoire de notre ville. On l'a fait dans la fête et la joie, mais aussi avec sérieux, comme on s'applique, avec pédagogie, à raconter une histoire importante, une histoire qui a du sens...
Emotion parce que l'on s'est retrouvé, anciens et jeunes, Seynois de souche et Seynois nouveaux venus, autour de l'histoire, mais surtout, autour de l'identité profonde d'une ville que nous avons, là, nous tous, à prendre à bras-le-corps et à mettre définitivement dans le bon sens.
Alors... Je vous disais que nous avons vécu depuis hier quelques moments d'émotion... Et bien en voici un nouveau et... pour moi, d'une rare intensité.
Parce que nous sommes là, ensemble, pour dire tout le respect et l'affection que La Seyne porte à un homme, qui fut son maire, et qui fut un homme tellement attaché à de vraies valeurs humaines et politiques. Un homme d'engagement. Un homme intraitable sur l'action d'intérêt général. Il s'agit bien sûr de Maurice Blanc, dont je suis heureux que l'on ait donné son nom à ce bel espace public, ce "mail", cette promenade autrement dit...
Un espace digne d'un homme cultivé et au sens artistique prononcé. Beaucoup ici, dont je suis, se souviennent de son amour pour la musique, le jazz, de sa voix et de son humour aussi... Et j'ai en mémoire de rares moments de "bœuf", comme on disait, avec notre ami commun Philippe Léon, prof de notre école de musique, lui aussi trop tôt disparu.
Mais Maurice Blanc, c'était aussi un gestionnaire hors pair, connaissant les dossiers et incollable sur les finances...
Ce lieu qui est un signe des temps qui ont changé... Est-ce dans la bonne direction ? Ça, l'histoire le dira.
En tout cas, ici, il y avait la menuiserie des chantiers navals, que l'on a jugé bon de raser. Nous nous sommes assez battus pour défendre du mieux possible le patrimoine architectural des chantiers...
Mais c'est comme ça... Il nous faut assumer...
Menuiserie des chantiers où Maurice Blanc a été apprenti, il faut le savoir... Ce nouvel et bel espace public dont on remarque qu'il est pile dans l'axe de la grande forme des chantiers...
Je crois qu'il faut nous accaparer tout cela et aller de l'avant.
Je crois sincèrement que Maurice Blanc était de la trempe de celles et ceux qui agissent pour le progrès, qui se battent... Qui ont en eux une belle utopie, mais aussi le sens des responsabilités et des réalités.
Maurice Blanc, qui était né en 1936 et nous a quittés il y a si peu de temps, en mars 2005, a été le second maire d'origine ouvrière de La Seyne. Le premier fut celui auquel il a succédé en 1978, Philippe Giovannini, après avoir été son premier adjoint. Maurice Blanc n'est pas resté aux chantiers. Il a travaillé et s'est formé pour devenir un talentueux dessinateur dans un cabinet d'architecte. Et, après son mandat de maire, il a pris la direction de la librairie de la Renaissance à Toulon.
Sur un autre plan, moi qui suis socialiste, je ne peux pas ne pas relever, comme le rappelle volontiers mon collègue et ami, Francisque Luminet, que c'est à Maurice Blanc que le Parti Communiste Français (auquel il avait adhéré en 1969, l'année de la disparition de notre regretté Toussaint Merle), c'est donc à lui, que le PCF a confié la rude tâche de monter, pour la première fois à La Seyne, une liste d'union de la gauche aux élections municipales de 1977.
Je ne pouvais pas ne pas le noter, n'est-ce pas... Finalement, d'un certain point de vue, sans lui... eh bien, l'équipe municipale actuelle ne serait peut-être pas ce qu'elle est, si riche de sa diversité et de ses complémentarités...
Je regarde cette photo...
Elle est belle, cette photo. Il est jeune, Maurice... Il restera comme ça dans nos coeurs et nos mémoires... Je le dis à son épouse, Eliane, à ses enfants, Marjorie et Aurélien, à son frère, Louis, Loulou... Il faut être heureux et fiers.
Aujourd'hui c'est un acte vrai que je veux que l'on accomplisse. Un acte d'affection, un hommage simple et sincère.
Nous vous le devons, La Seyne vous le doit : je tenais à vous le dire solennellement.
... @ suivre ...





