Message

Nicky
webmaster

Voir plus


Date du message : samedi 4 juillet 2009 à 16h26


Aux Sablettes, que reste-t-il de l'architecture de Pouillon ?


Conformément aux attentes des sinistrés seynois de 1945, Pouillon conçoit les Sablettes comme un véritable village provençal.
« Sur le plan architectural, le hameau des Sablettes est à la recherche depuis des années d'un second souffle ». Aline Grellet, de l'association « Mnémosyne », connaît son sujet sur le bout des années : elle propose des conférences et visites guidées sur Tamaris et les Sablettes depuis des années.

« Au sortir de la seconde guerre mondiale, tandis que les bombardements ont détruit la petite station balnéaire créée par Michel Pacha fin XIXe, le ministère de la reconstruction choisit le projet de Fernand Pouillon pour les Sablettes, les Seynois ne savent pas encore leur chance. » En France en effet, le mouvement architectural moderne privilégie alors le « tout béton et les gros bâtiments dans le style de Le Corbusier. »

Le hameau livré en 1953

L'architecte se veut attentif aux demandes des sinistrés, pour la plupart modestes commerçants et humbles pêcheurs. « En bordure d'une magnifique plage, j'imaginai de construire un village traditionnel (...) avec des maisons de pêcheurs basses, des boutiques, des hôtels, des appartements. J'avais 100 millions pour tout cela, et mes braves sinistrés ne devaient pas perdre un mètre carré de la surface déjà misérable des locaux détruits », écrit Pouillon dans « Mémoires d'un architecte ». Le hameau, livré en 1953 comporte 35 logements, 28 boutiques, une pension de famille (la Porte du soleil), un hôtel-restaurant, cinq cafés-restaurants, un établissement de bains (le Miramar), un casino (réalisé par des architectes locaux) un petit port, une station-service.

« Les bâtiments s'organisent le long de deux axes majeurs, ajoute Aline Grellet, articulés à partir de la tour à 4 étages de l'hôtel Provence-Plage. esplanade piétonne côté mer, rue commerçante à l'intérieur, le tout relié par une multitude de passages couverts et de placettes méditerranéennes. Jardins et massifs plantés d'essences locales, murs-claustrats de terre cuite, patios et fontaine complètent la pittoresque ambiance méridionale. »

Pouillon a tout compris à l'art de vivre local. « Les habitants du hameau avaient un petit logement de 30m2, la vue sur la mer, un marché, des places ombragées, des petits commerçants : tout pour être heureux ! »

Des artistes amis de l'architecte sont invités à prendre part à la réalisation. Fontaine en céramique de Jean-Amado, monumentale naïade (et tête de veau sur la boucherie) sculptée par Louis Arnaud, oeuvres de Jean Lurçat, carreaux céramiques multicolores de Philippe Sourdive ou encore plats de Carlos Fernandez incrustés sur la façade de l'hôtel.

« Pouillon a par ailleurs multiplié les références à l'architecture antique, comme ces nombreux pseudos trous de boulins. L'utilisation de la pierre de Fontvieille - la même que sur le vieux-port de Marseille -, de bois et de briques apporte de l'intemporalité et du caractère à l'ensemble. »

C'est donc dans un vrai petit trésor architectural que passent chaque année, sans en prendre conscience, des milliers d'estivants et d'autochtones.
source: var matin

...cordialement...Nicky...