Ils se mobilisent pour garder un espace vert au milieu du béton

Photo : Dylan Meiffret
Les propriétaires du parc Saint-Jean dénoncent la construction d'une résidence sur un espace vert qu'ils souhaitent conserver.
«On ne comprend pas pourquoi la ville veut construire un nouvel immeuble sur le seul espace vert qu'il nous reste. Déjà que la densité urbaine est très forte ici, on va encore bétonner », s'indigne Pierre-Yves Louis, président du comité syndical du parc Saint-Jean.
Il représente les 182 propriétaires des résidences Saint-Jean, qui bordent les avenues Jean-Rostand (dans le quartier Berthe) et Rosa-Luxembourg. Pierre-Yves Louis est accompagné de Pierre Gabella, son homologue des Termidor 1 et 2, deux autres bâtiments privés jouxtant les résidences Saint-Jean.
Les propriétés sont encadrées par une clôture qui les sépare du Messidor d'un côté, de Berthe de l'autre. A l'extérieur, coincé entre l'avenue Rosa Luxembourg, le Messidor et le parc Saint-Jean, se trouve un petit espace vert laissé en friche. C'est ce lopin de terre, entouré de quelques arbres, que les propriétaires entendent défendre.
Une résidence pour personnes âgées issues de l'immigration
Il y a quelques mois, une pétition a été lancée, recueillant les signatures de la quasi-totalité des propriétaires. Une lettre a également été adressée au maire. Finalement, le 7 juillet, l'adjoint à la politique de la ville et à l'habitat, Rachid Maziane, a rencontré les présidents des comités syndicaux. Il leur a confirmé que le permis de construire serait délivré pour la création d'une résidence sociale.
Elle accueillera des personnes âgées issues de l'immigration actuellement hébergées au foyer Api (Association promotion et insertion) (1), lequel doit être démoli d'ici deux ans. « Le foyer Api ne répond plus aux normes. Il est devenu trop petit pour accueillir les résidants », explique Rachid Maziane.
« Pas d'autre terrain »
Celui-ci soutient que la municipalité « a étudié toutes les autres hypothèses ». « Le problème, c'est que nous n'avons pas d'autre terrain pour construire cette résidence. On ne peut pas non plus en acheter un, car nous n'avons pas l'argent et les procédures seraient de toute façon trop longues. Le foyer va être financé dans le cadre du plan de relance et pour obtenir les crédits de l'État, il nous faut démarrer les travaux avant la fin de l'année », poursuit-il.
En outre, l'adjoint à la politique de la ville estime que le terrain en question « ne peut être considéré comme un espace de jeux. C'est plutôt un lieu pour les animaux qui viennent faire leurs déjections ».
« Pour l'instant, le jardin n'est pas entretenu, concède Pierre-Yves Louis, mais je crois que c'est une volonté délibérée pour montrer que comme il n'y a rien, on peut construire. Nous, on pense au contraire qu'il faudrait l'aménager, avec des bancs et des jeux pour les enfants ».
Le sort de ce petit bout de terre en est pourtant jeté.
1. Quatre-vingts résidants seront relogés, dont une partie dans la résidence qui sera construite au parc Saint-Jean et l'autre partie au Vendémiaire A5.
source: var matin


