L'office HLM « Terres du Sud Habitat » en cours de privatisation ?

Photo : Éric Estrade
Même s'il ne l'a pas souhaité, le maire et président de l'office, Marc Vuillemot, espère que la structure saura profiter de cette réforme voulue par le gouvernement. Et compte notamment sur un savoir-faire désormais connu et reconnu (ici, la nouvelle résidence du « Hameau des Romanes », avenue Gramsci, qui sera inaugurée dans quatre semaines.
L'office public de l'habitat a été rebaptisé, et vit de « profonds bouleversements », comme l'ouverture à la concurrence. Débat au sein de la majorité municipale. Après l'OPHLM rebaptisé OPH (1) depuis l'été dernier, l'office porte désormais le nom de « Terres du Sud Habitat ». Un joli patronyme, digne de promoteurs immobiliers. Propre en tout cas à faire naître l'inquiétude chez de nombreux élus communistes de la majorité.
« Ce changement de nom est la conséquence d'une réforme de la majorité nationale que nous, majorité municipale, ne souhaitions pas, explique le maire Marc Vuillemot, également président de l'office. On constate sur le fond que trois millions de Français sont mal logés, ce qui est particulièrement vrai dans le Var et dans l'agglomération toulonnaise, où de nombreuses mairies ne font pas les efforts nécessaires. Il aurait donc été naturel que le service public de l'habitat ne soit pas atteint dans son fonctionnement... »
Depuis août 2008, les structures « OPHLM » ont disparu, remplacées par des OPH, (Office public de l'habitat), établissements publics à caractère industriel et commercial. L'OPH de La Seyne s'appelle donc désormais « Terres du Sud Habitat ». Cette réforme du gouvernement entraîne, selon Marc Vuillemot, de « profonds bouleversements dans l'organisation même des structures ». Concrètement, les personnes embauchées ne sont plus fonctionnaires, tandis que le personnel a le choix entre le rester ou dépendre du privé.
Carence de logements sociaux
Surtout, l'office voit ses missions élargies, s'ouvre à la concurrence et est amené à travailler en dehors du territoire communal. « D'où notre volonté de changer de nom pour qu'il ne soit plus limitatif à la seule commune de La Seyne, même si bien évidemment le parc de logement social de La Seyne demeure et de loin notre mission essentielle », révèle Joël Canapa, directeur de « Terres du Sud Habitat ».
N'ayant de toute façon pas le choix, la municipalité et l'office valident donc cette mutation. Et tentent d'en tirer le meilleur parti. « La carence en logements sociaux dans le Var et singulièrement dans l'agglo toulonnaise est un frein important au développement de l'activité économique, et une atteinte à la dignité humaine », estime ainsi le maire. « L'office doit logiquement prendre toute sa place dans la satisfaction de ces besoins de première nécessité ».
Le premier magistrat rappelait que « le redressement de l'OPH est maintenant une réalité », observant que « son savoir-faire est aujourd'hui nationalement reconnu », comme en témoignent les fonds récemment reçus dans le cadre du Plan de relance.
L'office a également récemment reçu les labels « Qualitel », « HPE » (Haute performance énergétique) et « BDM » (bâtiments durables méditerranéens). Comme pour mieux s'armer avant d'affronter la concurrence.
Présentée lors de la dernière séance du conseil municipal, la délibération entérinant ce changement d'appellation faisait toutefois grincer les dents de plusieurs membres de la majorité (lire ci-dessous).
Pour l'adjoint à la politique de la ville, Rachid Maziane, ce changement de nom peut donner « les outils à l'office pour montrer notre volonté en matière de logement social à l'échelle de l'agglomération ». Marc Vuillemot notait enfin, comme peut-être pour mieux se convaincre lui-même, que cet élargissement des compétences de l'office, « un outil qui marche, peut aussi permettre de conforter l'équilibre structurel atteint cette année ». Sans pour autant obtenir les suffrages de tous ses conseillers municipaux.
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