Abel et Caïn…1950
L’un était au parti, l’autre… je ne sais où
A dire vrai d’ailleurs le savait il lui-même ?
L’un était travailleur bosseur et tout et tout
Tandis que le second était un vrai bohème.
L’un aimait son métier, sa femme ses enfants
Son chat, son canari, son Varois* quotidien
Et rentrant du chantier, le soir évidemment
Pour arrondir ses fins il filait au jardin.
Il piochait, ratissait, semait par tous les temps
Arrosait, arrachait, binait et récoltait
Il était très heureux, il était si content
La vie était bien dure mais il savait lutter.
Le dimanche matin il devenait crieur
Faisait signer motions, plaintes et pétitions
Sans jamais s’arrêter, sans jamais avoir peur
Sans jamais ne changer de route ou d’opinion.
Son frère est tout contraire, vous le savez déjà
Changer la société, en voila une affaire
De bistrots en troquets, de siestes en pastagas
Mais toujours à l’affût d’un tuyau de première.
Jamais il ne touchait le plus mince avantage
Et au lever du jour, dés l’instant éveillé
Il s’en allait pointer au bureau du chômage
Faire valoir ses droits pour jouer au tiercé.
L’un était au parti, l’autre…je ne sais où
Ceci n’est qu’une histoire mais une histoire vraie
Et bien triste a la fin car, le frère jaloux
Tua net le frangin qui trimait, qui trimait.
* Le Petit Varois était le journal le plus lu à La Seyne dans les années cinquante. Journal populaire par définition, il était aussi l’organe du Parti Communiste Français.
Henri Giovannetti





(on ne l'a jamais su) pour ouvrir le cortège.



