Souvenirs d'enfance
Dans le bois de Pignet les boches ont installé
Engin de mort, engin de tir
La jolie maisonette, il faut la cannoner
Faut démolir, faut déguerpir.
Notre Dame du Mai a mis son noir manteau
Bonjour l'ennui, bonjour l'ennui
Cela va rendre heureux mes amis escargots
Vive la pluie, vive la pluie.
La vendange fnie, les raisins oubliés
Feuilles de rouille et feuilles jaunes
Bien avant les moineaux allons les grapiller
Vive l'automne, vive l'automne.
Les praires et moules rougesde la belle corniche
Vive l'été, vve l'été
Notre mer est si belle, notre mer est si riche,
Gare aux douaniers, gare aux douaniers.
Mon cher voisin bonjour, raconte nous le Tour
Vas y Léon, vas y Léon
Verdun et ses tranchéesseront pour d'autres jours
Tiens ton guidon, tiens ton guidon.
J'entends jouer au loin un air d'accordéon
Notes enfuies, notes d'oubli
D'une Italie perdue, écoute la chanson
Notes teintées de nostalgie.
J'ai souvenir aussi de quelques chapardages
J'étais enfant, j'avais douze ans
Dans des vergers offerts aux gamins de mon âge,
J'était minot, c'était tentant.
Tout est vrai, c'était mon enfance au quartier Barban. La jolie maisonnette devait être dans le champ des canons allemands du bois de Pignet. Les amis qu l'occupait ont été prévenus la veille et ont eu quelques heures pour la quitter. Le ramassage des praires de Tamaris était interdit mais nous y allions quand même. Léon Caprino avait couru lee Tour de France avant la guerre de 14 ou avait été gravement blessé. Ancien champion cycliste régional il aimait la compagnie des jeunes et nous racontait ses exploits sportifs mais il ne nous parlait jamais de la guerre. Naturellement, le quartier était habité par de nombreuses familles italiennes et je me souviens des veillées ou les vieux toscans pensaient encore à leur chère Italie. Le père P........ nous jouait des airs de là bas avec son accordéon.


