Nostalgie autour des fêtes de quartier

Photo : doc Laurent Martinat
Apéro servi par les élus et ambiance musicale : tels étaient les principaux ingrédients des « festinades », organisées sous l'ancienne municipalité dans différents quartiers de la ville.
Une table, quelques biscuits apéritifs, du vin, une animation musicale ou un balletti : tels étaient les ingrédients des fêtes de quartier « made in Dominique Baviéra ».
L'ancien adjoint à la culture, Dominique Baviéra, regrette la disparition de certaines festivités. La municipalité, elle, défend son bilan et ses ambitions. L'ancien adjoint à la culture, sous la municipalité Arthur Paecht, avait lancé, dès 2002, les « festinades ». Des rendez-vous sans prétention, souvent organisés en partenariat avec une association du secteur, où l'adjoint servait volontiers l'apéro - une règle établie au fil des ans - avec son complice Sylvain Ponzio, ancien conseiller municipal. Les deux compères ne se lassaient pas de faire la tournée des quartiers, que ce soit à La Rouve, au Crouton, à La Gatonne, à La Verne ou encore à La Maurelle.
« J'avais aussi mis en place la Fête du vin nouveau en 2005 sur la place Laïk et le marché. L'année d'après, on a monté la fête de la cade », rappelle Dominique Baviéra.
« Manque de volonté »
Mais voilà : les fêtes de quartier portant la patte de l'élu n'ont pas survécu aux élections municipales. Au grand dam de Dominique Baviéra, qui aurait vu d'un bon oeil leur passage à la postérité.
Tout comme il regrette « l'absence » de la nouvelle municipalité à la Fête du 1er mai. Cette manifestation traditionnelle, où le clergé se retrouve pour l'ascension de Notre-Dame du Mai, se terminait en général par un grand apéro, un concours de boules et des jeux pour les enfants. « La Fête existe toujours, reconnaît l'ancien adjoint, mais les élus seynois préfèrent aller manifester à Toulon avec les syndicats... »
Bref, « les fêtes populaires ont disparu », selon Dominique Baviéra, plus par « manque de volonté et de compétence » que par « mesure d'économie ».
« Démarche collective »
Parmi les associations coutumières de ces fêtes, certaines trouvent dommage leur interruption. Le président de Lei Cigaloun, Serge Bonfanti, estime que « cela faisait bouger les quartiers ». Dominique Laboroi, caviste sur le cours Louis-Blanc trouve que « c'était sympa, ça faisait une animation sur le marché. Aujourd'hui, tout ce qui se passe a lieu du côté du parc de la Navale. Mais nous, commerçants du centre-ville, ça ne nous profite pas. » D'autres ne semblent pas perturbés outre mesure. « Ma foi, ce n'était pas nous qui les organisions, on prêtait juste la structure. Maintenant, nous avons une date en plus pour la programmation du foyer ! », commente Robert Chiantaretto, président du foyer Cresp. Quant à Suzanne Bessone, la présidente du CIL ouest et nord, elle assure que la nouvelle municipalité l'a contactée pour organiser un aïoli. « Mais c'est moi qui leur ai dit que je ne pouvais pas. »
De son côté, la municipalité ne justifie pas l'arrêt de ces fêtes de quartier. Mais elle oppose la démarche « individuelle » de Dominique Baviéra à celle, « plus collective et constructive », des conseils de quartier dotés de commissions animations.
Festival de BD
« Nous nous battons contre la logique d'une municipalité qui organiserait des festivités par le haut. Nous souhaitons au contraire nous appuyer sur les associations et les citoyens. Pour l'instant, les conseils de quartier sont encore en gestation, mais il en sortira de nouvelles propositions qui permettront de fédérer les associations dans les quartiers », communique-t-elle. La Ville met aussi en avant son bilan positif de l'été : « Nous avons animé le port avec les commerçants, il y a eu le festival de BD, les animations occitanes et provençales, l'embrasement du pont qui a drainé des milliers de personnes, la poésie dans la rue... La ville a été très fréquentée. De nombreux Seynois étaient sidérés de voir à quel point les festivités se sont enchaînées. »
source: Marielle Valmalette - var matin




