Message

Nicky
webmaster

Voir plus


Date du message : jeudi 17 septembre 2009 à 00h18


Le grand partage autour du ramadan


Photo : Dominique Leriche
Chorba, bricks, salade de pommes de terre et pâtisseries, pains et beignets faits maison étaient au menu de ce repas de ramadan.
L'odeur parfumée d'un bol de « chorba ». Cette soupe d'Afrique du Nord était le premier geste de bienvenue, mardi soir au « Petit Prince ».

Le restaurant d'insertion « Le petit prince » a préparé plus de 250 repas à partager avec le Samu social et nombre d'amis venus « rompre le jeûne » ensemble.

Alors que la nuit, comme la pluie, tombait, les amis de l'association « Femmes dans la cité », les amis d'amis et les autres, se sont retrouvés à table pour rompre le jeûne du ramadan. « Nous sommes de tous bords, musulmans, catholiques, juifs, blancs ou noirs », se plaît à lancer Fernand, « Moi, je suis chrétien et je ne passe jamais un Noël sans eux ! »

Eux, ce sont les voisins, les amis, qu'ils habitent le quartier Berthe ou non. Nadjet Benzohra qui tient « Le petit prince » explique que « pendant le ramadan, un mois pieux, le principe est le partage. Entre nous, les filles du resto, nous avons fait une cagnotte pour payer ce repas ». Le boucher du quartier a offert un demi-agneau, des boissons « gazouz », des dattes. La majorité des repas sera distribuée dans les rues de Toulon, par le Samu social (lire ci-contre).

Côté cuisine

Les sept salariées du restaurant, aidées de sept bénévoles, ont oeuvré toute la journée en cuisine. La plupart font le ramadan et s'abstiennent de boire comme de manger. « Mais non, ce n'est pas difficile », s'amuse Nadjet Benzohra, « on continue de travailler normalement ».

Son fils de 15 ans, Élies, assure : « mes parents m'ont laissé le choix. Ce que j'aime, c'est le sens du partage ».

Le midi, au lycée, « je reste seul sur un banc, je fais la sieste, pour éviter les coups de barre ». Le soir par contre, « je peux faire deux repas coup sur coup ! ». Et toujours en famille ou entre amis.

À table, Loumia déguste des pâtisseries. « Je suis enceinte de sept mois et demi, alors je ne peux pas faire le ramadan. Si tu fais du mal à ton corps ou à ton bébé, ce n'est pas bon ». Mais après l'accouchement, « je le ferai, c'est obligatoire ». Zorra, une mère de famille voilée qui boit le thé face à elle, opine du chef. « On est fière de participer au ramadan. Dès la puberté, la fille doit le faire ».

Des années difficiles à venir

Hakima, la trentaine, pense quand même que « ça va être de plus en plus dur les prochaines années ».

Le ramadan commencera le 10 ou le 12 août. Inexorablement, le mois de jeûne se rapprochera du solstice de juin, avec les journées les plus longues de l'année... le temps de privation durera plus de 15 heures !

Nadja elle, vit sa tradition de manière beaucoup moins stricte. « J'aime faire le ramadan, c'est l'un des piliers de l'Islam. Mais bien sûr, on peut être musulman et ne pas faire le ramadan ! »

Les deux femmes rient de bon coeur, mais ne sont pas d'accord. « Le ramadan, c'est obligatoire ». « Toi, tu viens du bled, moi, c'est la France ! »

Pour Mejdoub, « le ramadan est une aventure intérieure ». Ce père de famille en activité reconnaît volontiers que « sur un plan économique, le ramadan n'est pas un bon mois du tout ! » Mais pour le lien social, la convivialité, « c'est extraordinaire, c'est un cheminement collectif, des moments uniques que nous partageons ».

A 22 heures, tout le monde était sur le départ. Demain, il faudra tenir une nouvelle journée.
source: Sonia Bonnin - var matin

...cordialement...Nicky...