L'opposition se cherche un leader

Les forces vives de la minorité s'amoindrissent au fil des mois et des conseils municipaux. Les anciens élus, en l'absence d'Arthur Paecht, semblent avoir du mal à jouer leur rôle d'opposant.
Les élus de la minorité de droite vivent une « traversée du désert ». En l'absence d'Arthur Paecht, personne ne semble capable de reprendre le flambeau.
Quatre. C'est le nombre d'élus de l'opposition qui ont assisté au dernier conseil municipal. Sur douze édiles, c'est peu. Quelles sont les raisons de cet absentéisme ? Concours de circonstances ou "circonstances atténuantes" avancent certains. « Les gens travaillent. Ce n'est pas toujours facile de se libérer. Certains plaident au tribunal, moi j'ai la réunion du cabinet de la Défense à Paris tous les vendredis à 8h30 », prétexte Arthur Paecht. « Nous devons prendre nos responsabilités, mais il faudrait aussi que le conseil démarre à l'heure. La dernière fois, il y a eu encore 45 minutes de retard », affirme de son côté Françoise Pouchko. L'élue de la minorité estime que l'exemple de la dernière séance n'était qu'un cas exceptionnel.
En revanche, d'autres élus ou personnalités seynoises de droite n'hésitent pas à sermonner leurs camarades. « Je peux comprendre les difficultés, mais l'absentéisme ne peut pas être excusé y compris celui de la majorité, c'est un manque de respect envers nos électeurs », déplore Fathi Bousbih. La charge de Dominique Bavièra, ancien élu qui ne siège pas dans la minorité, est plus radicale. « Je trouve ça scandaleux, je regrette l'absence chronique de la moitié des membres de l'opposition. Quand on n'est jamais là, qu'on parte ! », s'indigne le « Valoisien » (1) qui pense que la droite dans son ensemble devrait porter plus de projets et parler d'avenir plutôt que d'attendre.
« Un sentiment de faiblesse »
La situation actuelle ressemble fort à une traversée du désert pour d'anciens élus pas forcément habitués à jouer le rôle d'opposants. « On a un sentiment de faiblesse », confesse Christian Battle. « L'activité au sein du conseil municipal me déplaît. On se sent agressé, ce n'est pas constructif, la majorité fait de l'opposition à l'opposition. J'ai le sentiment qu'il n'y a pas de véritable débat. C'est le tribunal de l'ancienne municipalité », juge l'élu de la minorité. La politique de la chaise vide est-elle pour autant une bonne solution ? « Non, mais il faudrait un groupe plus pugnace. Les gens n'ont pas envie de se bagarrer. Il manque un leader », estime Christian Battle.
« Le leadership, ça ne se décrète pas »
La minorité se sent délaissée depuis que son principal animateur a décidé de prendre du recul et des responsabilités au sein du cabinet d'Hervé Morin. « C'est vrai, qu'il y a une absence de leadership », reconnaît Arthur Paecht. « Il faudrait que quelqu'un se déclare et surtout qu'il soit accepté par tout le monde. Le leadership, ça ne se décrète pas ! », fait valoir l'ancien maire avant de laisser planer le doute sur un hypothétique retour. Pour l'heure, les élus présents semblent « condamnés » à faire le dos rond avant qu'une forte personnalité (d'une commune voisine ?) ne se décide éventuellement à « sortir du bois ». Ils pourraient attendre longtemps.
1. Le Parti radical « valoisien » est le plus ancien parti politique français, continuation officielle du Parti radical historique suite à la scission intervenue en 1971. Il se situe au centre-droit de l'échiquier politique.
source: Olivier Marino - var matin



