La Ville maudit le gazon

Photo : Dominique Leriche
Place Ledru-Rollin, les agents du service des espaces verts ont planté 1 574 arbustes méditerranéens, qui nécessitent peu d'arrosage.
L'ère des jardinières flamboyantes, dégoulinant sur tous les rond-points engazonnés de la ville, est-elle révolue ? Partiellement en tout cas. C'est pour conserver sa troisième fleur au concours des villes fleuries que la municipalité a envisagé ses espaces verts sous l'angle du développement durable. « La plantation d'espèces peu consommatrices d'eau est devenue un critère du concours (lire notre encadré ci-contre, Ndlr) », souligne Jean Naudy, responsable du service des espaces verts.
La commune a tout de suite vu l'intérêt économique de remplacer ses jardins soiffards par des plantes beaucoup plus économes en eau. En l'occurrence, celles qui supportent le mieux le soleil du Sud : les espèces méditerranéennes.
Les agents municipaux en formation
Il y a trois semaines, sept agents municipaux sont partis en formation à la pépinière Jean Rey (La Londe) pour tout savoir sur ces espèces « bien de chez nous ». De retour à La Seyne, ils sont passés à la pratique, place Ledru-Rollin. Sur 400 mètres carrés, les mains vertes de la ville ont planté 1574 arbustes méditerranéens et plantes de terrains secs.
En parallèle, un autre chantier de taille a démarré, au rond-point de la Pyrotechnie. Environ 350 pieds de vigne vont être plantés, mais aussi des cistes, des érigérons, des oenothères, des prairies fleuries ou encore du thymus citriodorus... Les travaux devraient se poursuivre encore jusqu'à la fin du mois.
En outre, le service des espaces verts procède à l'installation de systèmes d'arrosage au goutte-à-goutte. « La première année qui suit la plantation, il faut continuer à arroser au moins une fois par semaine. Mais progressivement, on va réduire cette fréquence. À terme, il n'y aura plus qu'un arrosage d'appoint qui fonctionnera lors des fortes chaleurs », précise Jean Naudy. D'autres sites devraient faire l'objet d'un relooking, notamment le rond-point de Janas, le carrefour de Fabrégas et les abords de l'hôtel Kyriad.
Le parc de la Navale garde son aspect
En revanche, les 4 hectares de gazon du parc de la Navale, le plus avide en or bleu (7 200 mètres cubes au premier semestre 2009, soit 10 900 euros), ne sont pas concernés. La municipalité entend conserver son tapis vert, même si elle réfléchit par ailleurs à un système d'arrosage moins onéreux (1).
Néanmoins, avec cette nouvelle stratégie, la Ville espère réduire de façon significative sa facture. Au premier semestre 2009, les 220 sites d'espaces verts communaux ont avalé 49 900 mètres cubes d'eau, soit 81 600 euros.
À court terme, elle devrait diviser sa consommation par quatre, puis par dix d'ici deux à trois ans.
1. La Ville réfléchit à d'autres façons d'arroser le parc de la Navale qu'en achetant de l'eau. Elle a abandonné l'idée de puiser dans les nappes phréatiques et étudie actuellement la possibilité de mettre en place une usine de dessalement.
source: Marielle Valmalette - var matin



