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Nicky
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Date du message : mardi 8 décembre 2009 à 10h10


« Le Camargue » là où il ne fait pas bon vivre


Photo : Dominique Leriche
« Mes enfants sont toujours malades à cause de l'humidité », affirme Jessica, qui vit dans un T1 de l'immeuble depuis 6 ans. Plusieurs locataires se plaignent de voir leur santé se dégrader au rythme des appartements.
En proie à un imbroglio juridique, la situation pourrit depuis plusieurs années. Des familles attendent d'être relogées « hors ZUP »

L'odeur de moisissure est quasi-insupportable. Sous la fenêtre du salon, le mur est impregné d'humidité. Sur le petit comptoir de la cuisine américaine, un inhalateur pour l'asthme est posé. Quatre personnes vivent depuis six ans dans ce petit T1 de l'immeuble « Le Camargue », coincé entre l'IUFM et « La Présentation » : Jessica, son mari et leurs deux enfants âgés de 5 et 2 ans et demi. « Mes enfants sont toujours malades à cause de l'humidité. Mon fils fait des bronchites asthmatiques à répétition. Ma fille et moi, c'est des bronchites aussi », explique la jeune maman.

Au rez-de-chaussée, Marie se plaint des mêmes maux : mauvaise isolation, pas de chauffage aux normes, et des bronchites asthmatiques en boucle. « C'est invivable ! », dit-elle en montrant cinq ou six ordonnances de son médecin.

Au dire des locataires, qui ne sont plus que 10 sur 19, l'immeuble a été laissé à l'abandon. Les parties communes n'ont pas vu un balai depuis des années, les boîtes aux lettres dans l'entrée sont cabossées.

Les locataires affirment qu'ils n'ont plus de contact avec le bailleur privé, le promoteur immobilier Bruno de Saléon (1), depuis qu'il a été condamné à leur verser des indemnités pour insalubrité des logements, en 2008. Ils ont cessé de payer le résiduel de leur loyer et les charges depuis plusieurs années. Seules les allocations logement sont encore allouées par la Caf au bailleur.

« Zone de non droit »

Bruno de Saléon ne conteste pas l'état des appartements. Mais accuse les locataires de les avoir « saccagés ». « Quand j'ai acheté l'immeuble, j'avais fait des travaux de remise aux normes. Les locataires ont tout dégradé », plaide-t-il.

Le bailleur affirme que « Le Camargue » est devenu « une zone de non droit. L'agence qui est censée encaisser les loyers n'y va plus parce qu'elle a peur. J'ai presque 100 000 euros dehors ».

Les locataires évoquent un « marchand de sommeil sans scrupule, qui se faisait payer à la tête du client ». Lui rétorque que les habitants « sont de mauvaise foi ».

Aujourd'hui, le gérant n'a qu'une idée en tête : « se débarrasser de ce sac de fèves, quitte à perdre de l'argent ». Mais la situation est gelée.

Il y a deux ans, Bruno de Saléon a cru pouvoir régler le problème du « Camargue » en déposant un permis de démolir et de reconstruire. Il pensait alors racheter le bâti à l'office HLM, propriétaire des murs, pour réaliser 145 logements étudiants à la place du Camargue. Mais la vente a capoté. Et les locataires n'ont jamais voulu partir. C'est d'ailleurs l'un des points de blocage.

L'office et Bruno de Saléon sont actuellement en négociations pour que la gestion locative revienne dans le giron du parc HLM (lire en page suivante).

En attendant, l'office a fait des propositions de relogement. Huit locataires ont accepté de partir dans un autre HLM, mais dix autres ont refusé, car les appartements étaient situés à Berthe, à des étages élevés.

De son côté, Bruno de Saléon ne sait plus à quel saint se vouer. « Je suis prêt à passer l'éponge sur les dettes des locataires, à leur payer le déménagement et même la caution du nouvel appartement. Pourvu que ce cauchemar cesse », souffle-t-il encore.

Les habitants du « Camargue », eux, n'en démordent pas : « Soit on nous reloge hors ZUP, soit on reste ici ». Quitte à être malades.

1. Il est le directeur général de « Sorimo Méditerranée », basée à Marseille.
source: Marielle Valmalette - var matin

...cordialement...Nicky...