Les lycéens barricadent l'entrée des bahuts

Photo : Dominique Leriche
A Langevin, les lycéens ont bloqué l'entrée avec des containers, des chaises et même des chariots.
Hier matin, les élèves de Beaussier et Langevin ont verrouillé l'accès aux établissements avant de partir manifester à Toulon contre la casse de l'Éducation
Les générations passent mais l'esprit rebelle est toujours là. Réputés pour être des bastions de la contestation étudiante, Langevin et Beaussier ont une nouvelle fois été le théâtre d'actions revendicatives. Hier matin dès 6 h, une dizaine d'élèves de chaque établissement a entassé devant les portails des containers à poubelles, palettes en bois, barrières en fer et même des chariots pour faire les courses. Ils ont ainsi empêché leurs camarades de rentrer dans l'enceinte du lycée quelque temps... Plusieurs centaines d'élèves se sont ainsi retrouvées massées devant les deux lycées. Dès 9 h, une patrouille de police se postait devant chacun des établissements, obligeant les bloqueurs à rouvrir un petit passage pour laisser entrer ceux qui le souhaitaient.
Malgré cela, beaucoup d'élèves sont restés dehors, discutant en petits groupes. Certains ont saisi le prétexte pour faire l'école buissonnière, tandis que les plus militants se sont rendus à la manifestation prévue sur Toulon à 10 h.
Manque de moyens
Parmi ceux qui ont participé au blocage de Langevin, certains ne sont pas bien au courant de la situation. « Je pense que ça a un rapport avec les suppressions de postes, mais j'ai aussi entendu parler d'un truc avec les maths et l'histoire-géo », hésite Pascal, élève en terminale électro-technique.
A Beaussier au contraire, le discours est rodé. « On veut nous enlever l'histoire-géo en terminale S. C'est scandaleux, parce que du coup, en seconde et en première, les cours seront surchargés tandis qu'en terminale il n'y aura plus que des maths », dénonce Tristan, élève de seconde à Beaussier et responsable du syndicat UNL (Union nationale lycéenne).
« On manque clairement de moyens, renchérit Sylvain, également en seconde. On supprime de plus en plus de postes enseignants. Même au niveau des profs remplaçants, on se retrouve avec des gens qui n'ont jamais bossé en lycée. La dernière fois, ma prof de français était absente et son remplaçant, qui enseignait en collège, n'avait jamais mis les pieds dans un lycée ! Même le proviseur a reconnu que ce n'était pas normal ».
Amandine, en seconde aussi, dit que « la situation n'est pas vivable ». Trente-cinq élèves par classe et des moyennes qui baissent. « Cette année, certains élèves n'ont pas pu prendre l'option arts plastiques parce qu'il y avait un prof en moins », souligne-t-elle.
Les plus avisés s'inquiètent aussi de la réforme de la formation des enseignants (lire ci-contre) : « Enseigner, c'est un métier qui s'apprend », cite Tristan, reprenant le slogan de l'intersyndicale. Avant de filer à la manif.
source: Marielle Valmalette - var matin





