Le syndic n'est pas qu'une affaire de professionnel

Photo : M.V.
Ernest Alliaga, président du syndic bénévole du Riviera, estime que la gestion par un professionnel coûter trop cher. Jean-Christophe Perrin, gérant de l'Agence méditerranéenne (en médaillon), met en avant le savoir-faire des professionnels.
C'est la loi. Toute copropriété doit posséder un syndic pour gérer les parties communes, y compris dans un lotissement (lire encadré). En revanche, le mode de gestion est libre : syndic professionnel ou bénévole.
Pour Jean-Christophe Perrin, gérant de l'Agence méditerranéenne (adhérent de la Fnaim 1), les deux ne s'opposent pas. « Il n'y a pas forcément de concurrence. Les syndics bénévoles sont surtout présents dans les petites copropriétés (moins de 30 logements) qui pour nous, ne sont pas très rentables », dit celui qui a fait du syndic son coeur de métier depuis 24 ans.
Le savoir-faire du professionnel
Jean-Christophe Perrin gère 240 copropriétés, soit près de 2 200 logements sur La Seyne, Six-Fours et Saint-Mandrier. Il connaît la législation sur le bout des doigts, un impératif dans son métier. « La gestion d'un syndic, c'est beaucoup d'administratif, de comptabilité, de juridique. Et depuis 2005, la réglementation est devenue plus complexe. On doit présenter de véritables bilans comptables », explique-t-il.
Un « savoir-faire » qui lui permet de justifier des honoraires plus ou moins élevés. À l'Agence méditerranéenne, il faut compter en moyenne 100 euros (hors taxes) par an et par appartement en frais de gestion. À cela, s'ajoutent les charges courantes (entretien de l'immeuble) et les éventuelles provisions pour travaux.
« Il peut aussi y avoir des honoraires particuliers de l'agence quand il y a des travaux importants, précise Jean-Christophe Perrin. Mais c'est fait en toute transparence et soumis au vote en assemblée générale ».
Argument économique des bénévoles
Des arguments qui ne convainquent pas Ernest Alliaga, président du syndic bénévole de la copropriété « Le Riviera » (40 logements dans le quartier du Fort Napoléon). « Les syndics professionnels prennent un pourcentage sur les travaux. Les devis sont toujours très élevés », explique ce retraité. Ernest Alliaga cite en exemple sa propre expérience : « Notre copropriété était gérée par l'Agence méditerranéenne jusqu'en 1981. Un jour, on avait un tuyau pas calé qui tapait contre le mur. À l'époque, on nous demandait 410 francs juste pour le fixer ! C'est parti de là. Les copropriétaires se sont décidés et j'ai pris en main le syndic », raconte-t-il.
Trente ans après, Ernest Alliaga continue de faire la chasse aux devis. « Les prix vont du simple au double. Il faut prendre le temps de comparer », explique-t-il. Il n'y a guère que le temps qu'Ernest Alliaga s'autorise à dépenser sans compter. Résultat : les copropriétaires du « Riviera » ne déboursent en moyenne que 300 euros par an, tout compris.
Quant aux connaissances que le « job » demande, Internet et les nouveaux logiciels de gestion facilitent les choses.
« Il suffit de savoir faire une règle de trois », résume le président du Riviera, qui reconnaît cependant que « c'est plus facile quand tout le monde s'entend bien et que la copropriété ne dépasse pas 80 logements ».
Le gérant de l'Agence méditerranéenne en est témoin : « On a parfois récupéré des immeubles tenus par des bénévoles parce que des contentieux étaient nés entre les copropriétaires et qu'il fallait un arbitre neutre ».
1. Fédération nationale des agents immobiliers.
source: Marielle Valmalette - var matin


