L'association « Gaspar » au bord du gouffre financier

Photo : Dominique Leriche
« Gaspar » a réuni ses adhérents, hier, pour leur exposer sa situation catastrophique. Une nouvelle assemblée générale aura lieu dans 15 jours pour annoncer le sort de l'association.
Les jours de « Gaspar » (1) sont comptés. Les adhérents ont été convoqués, hier, pour une assemblée générale ordinaire et extraordinaire. « La situation est très grave », a prévenu le président, Yann Le Goff. L'association, qui compte 540 adhérents, est à deux doigts d'être dissoute.
Les comptes sont dans le rouge. Le déficit est passé de 30 000 euros en 2008 à près de 100 000 euros en 2009.
Un seul élu s'est déplacé
L'association ne nie pas les difficultés, mais tente de les justifier. « On a payé plus de 208 000 euros de charges sociales en 2009. On a 1 750 euros de loyer par mois et on rembourse 1 500 euros tous les mois pour le plan de redressement. Il y a aussi un décalage entre le moment où on engage les frais et celui où on perçoit les subventions », expose le directeur, Roland Bonnefoi.
Des arguments qui ne convainquent pas forcément les partenaires financiers (2), lassés de devoir « éponger » les dettes de l'association. Ces derniers n'étaient même pas représentés hier, à l'exception de la Région (lire encadré). Sur le banc des élus, seul le vice-président du conseil régional, Philippe Chesneau était là. Ce qu'il n'a pas manqué de faire remarquer : « Il faut que les décideurs viennent et voient la vraie vie. Mais ils préfèrent rester dans leur bureau, au chaud ».
« Perte de confiance »
Philippe Chesneau a carrément rué dans les brancards. « Vous êtes dans la merde ! Tout le monde pense que Gaspar, c'est fini. Il n'y a plus de confiance entre les "subventionneurs" et Gaspar. Il y a eu une mauvaise gestion. Tant que vous n'aurez pas de gestionnaire qui réorganise l'association, ça ne pourra pas fonctionner », est-il intervenu. Convaincu de l'utilité de « Gaspar », Philippe Chesneau a affirmé que la Région était prête à soutenir encore l'association. Les autres suivront-ils ? « Nous avons déjà présenté trois projets qui n'ont pas été validés. Nous allons nous réunir mardi pour en élaborer un quatrième. Il sera présenté aux partenaires mi-semaine prochaine », précise Roland Bonnefoi. Une nouvelle réunion se tiendra le 26 février pour sceller le sort de « Gaspar ». Si la structure devait mettre la clef sous la porte, 4, 5 personnes en CDI seraient licenciées et une vingtaine de contrats aidés ne seraient pas renouvelés.
Parmi les adhérents, certains envisageaient de lancer une pétition. Voire de manifester.
1. Gaspar : Groupement d'associations pour l'animation et la réalisation de projets (association d'insertion sociale et professionnelle).
2. L'État, la Région, le Département, TPM, la municipalité, la Caf.
source: Marielle Valmalette - var matin


