Electricité coupée pour les revendeurs du cours Louis-Blanc

Photo : Sonia Bonnin
Sur le marché, les prises électriques, qualifiées de dangereuses, n'ont jamais bien fonctionné (ici sur le stand de Grégory Binse). Placées au sol, elles sont régulièrement dans l'eau.
La fée électricité passera-t-elle sur les pavés du cours Louis-Blanc ? Producteurs et revendeurs qui déballent quotidiennement leurs fruits et légumes n'attendent que ça : avoir du courant, du jus, de la lumière. « C'est simple, depuis la rénovation du marché, jamais cela a marché correctement », résume Sylvie Rota, productrice.
Le mois dernier, la mairie a radicalement coupé le réseau électrique au sol, constatant que les prises étaient « dangereuses ». Les revendeurs ne savent pas quand ils reverront la lumière. Ils sont « vinaigre » de payer pour un service qui ne leur est pas rendu.
Rénovations il y a cinq ans
En 2005, le cours Louis-Blanc connaissait une grande phase de rénovation : plus de 2 Me pour mettre le marché aux normes européennes. Les revendeurs étaient censés y gagner des « bornes électriques ». Hélas, le système est déjà défaillant. Des prises baignent dans l'eau (sale). « Chez moi, dès qu'ils nettoient la rue ou qu'il pleut, ça se remplit d'eau », constate impuissante Sylvie Rota. Alors ? « Je me branche chez La fabrique de pâte [magasin à proximité]. Ils me donnent du courant, je leur offre des légumes. Ma balance n'a pas de batterie. Sans électricité, je ne peux pas sortir le ticket pour les clients. »
La situation est plus périlleuse encore pour ceux qui ont des vitrines réfrigérées. Chacun s'arrange comme il peut. « L'électricité marchait pour un emplacement sur dix, alors on tirait des rallonges », explique Grégory Binse, revendeur.
Désormais, les prises ont définitivement été mises hors-service. « Les fusibles ont été enlevés, c'était trop dangereux », s'exclame Denis Jason, également commerçant sédentaire.
Pétition en mairie
Il y a un mois, une pétition a été portée en mairie. « Nous avons fait l'unanimité sur le marché alimentaire : quasiment tous ont signé », détaille Denis Jason. Mais aucune réponse n'est encore revenue. Les revendeurs demandent de ne pas payer le premier trimestre 2010, dont la facture devrait être envoyée mi-mars.
Sur le fond du problème, chacun se désole. « Les niches électriques sont mal placées, ça ne s'est jamais vu de les mettre à même le sol », argumente Patrick Boetti, producteur et revendeur seynois. Les travaux de rénovation ont été « mal faits, c'est évident ».
De manière générale, les non-sédentaires se plaignent du manque de contact avec la mairie. La commission extra-municipale qui abordait jadis ces questions n'existe plus. Revendeurs et producteurs sont amers. En temps d'élection, « les politiques distribuent des tracts, mais à l'année, on ne les voit pas ». Il y a pourtant beaucoup de questions en suspens. Sur la propreté, les parkings, les emplacements...
source: Sonia Bonnin - var matin








