Quais en chantier : la note trop salée au goût des plaisanciers

Maurice Turco, représentant des plaisanciers seynois au conseil portuaire, estime que les travaux du quai de la Marine devraient être cofinancés par la Ville. (Photo D. L.)
Depuis quelques jours, les voitures stationnées sur le parking du quai de la Marine ont cédé la place à une grue. La chambre de commerce et d’industrie du Var (CCIV) réalise des travaux de confortement du quai de la Marine et du Môle de la paix, en piteux état.
C’est le dernier gros chantier dans le port du centre-ville, après la réfection des pannes A et B et du quai Regonfle (sous le pont Levant).
Le quai de la Marine, qui sert à l’amarrage de bateaux jusqu’à 8,50 mètres va être entièrement refait. Il sera renforcé et aligné sur le quai Hoche, puisqu’il existe actuellement un décalage de quelques mètres.
Par ailleurs, un trottoir sera aménagé pour délimiter la zone piétonne (côté quai) et le parking qui appartient à la ville. En ce qui concerne le môle de la paix - où se trouve le monument aux morts - un coffrage en béton permettra de conforter le quai. Les échelles de bain vont être changées, de nouvelles seront aussi installées. Les travaux devraient s’achever d’ici le mois de mai. Leur coût s’élève à près de 508 000 euros TTC.
« Les quais sont utilisés par tous ! »
La facture, c’est justement ce qui fâche les plaisanciers. Maurice Turco, représentant des plaisanciers seynois au conseil portuaire, estime que ce n’est pas aux seuls usagers des ports de payer. La concession de la CCIV comprend le plan d’eau, mais aussi les quais sur trois mètres de large. Or, Maurice Turco estime que « les quais ne sont pas utilisés que par les plaisanciers, mais aussi par les promeneurs. Et même, pour le quai de la Marine, par les voitures qui débordent largement sur le quai lorsqu’elles sont stationnées ».
Lors de la validation des travaux du quai de la Marine et du môle de la Paix par la commission nautique locale, en décembre 2009, la CCIV présentait d’ailleurs un document de travail stipulant que les travaux de réhabilitation étaient d’autant plus urgents que le môle de la Paix est fréquenté « aussi bien par des promeneurs que par des pêcheurs ».
Repousser les limites de la concession
Pour Maurice Turco, c’est la preuve que ces travaux, qui profitent à tous, doivent être cofinancés par la collectivité. Mais la règle est stricte : tout ce qui rentre dans le périmètre de concession de la CCIV est financé par l’institution, donc par les plaisanciers. « Il n’y a aucune ambiguïté juridique à ce sujet », précise Luc Pointard, directeur d’exploitation des ports à la CCIV. « C’est injuste, reprend Maurice Turco, car lorsque les villes font des travaux, elles peuvent bénéficier de subventions. La CCIV, elle, ne peut prétendre à aucune aide ».
Pour Michel Blayak, représentant des plaisanciers mandréens au conseil portuaire : « Il faudrait changer la limite de la concession pour ramener ce qui appartient à la CCIV au ras du quai. Ainsi, les collectivités seraient obligées de participer au coût, car le problème se pose chaque fois qu’il y a des travaux ». Selon Luc Pointard, si cette réflexion devait être menée, elle devrait être conduite par le Syndicat mixte varois des ports du Levant, propriétaire du port, et par la Ville. Pour l’instant, cette proposition, maintes fois formulée par les plaisanciers, ne trouve pas un écho retentissant...
source: Marielle Valmalette - var matin


