Seyne sur mer : Les salariés ne décolèrent pas !

Feux de palette devant l'usine à la Seyne sur mer
Les salariés de Poly implant protheses (PIP) menacaient toujours hier matin de mettre le feu à leur usine . Placé sous les feux des projecteurs depuis la révélation fin mars d'une fraude sans précédent, le fabricant varois d'implants mammaires Poly Implant Prothèse, en liquidation judiciaire, fait aujourd'hui l'actualité sociale, ses 120 salariés menaçant de brûler l'usine.
L'affaire est partie de la décision, le 30 mars, par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), de retirer du marché les prothèses de la société PIP, implantée à La Seyne-sur-Mer (Var).
En cause: un taux de ruptures anormal, "de l'ordre du double en terme de fréquence" comparé aux autres fabricants, sachant que les implants ont habituellement une durée de vie d'une dizaine d'années. Selon les éléments recueillis sur le site, PIP utilisait un gel de silicone différent de celui qui avait été déclaré.
Le même jour, le tribunal de commerce de Toulon prononçait la liquidation judiciaire de l'entreprise. Fondée en 1991, celle-ci a occupé le rang de numéro trois mondial jusqu'au milieu des années 2000 avant d'entamer un lent déclin. En 2008, la situation s'aggrave, les ventes fléchissent et de lourdes pertes sont enregistrées. Avant même la révélation de l'affaire, une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Marseille pour "tromperie sur les qualités substantielles du produit, publicité mensongère, faux et usage de faux et mise en danger de la vie d'autrui".
Les enquêteurs se demandent notamment si, pour faire face à ses difficultés financières, PIP n'a pas cherché à "réduire les coûts de revient du gel", selon le procureur-adjoint de la République Michel Raffin, joint par l'AFP. En France, sur les 500.000 porteuses de prothèses mammaires, environ 30.000 femmes sont potentiellement concernées. A l'étranger, où PIP expédiait 90% de sa marchandise, leur nombre pourrait être bien plus important.
A La Seyne-sur-Mer, les salariés, qui accusent la direction, aujourd'hui injoignable,de "mauvaise gestion", ne décolèrent pas. Ils occupent leur usine depuis vendredi soir, se relayant autour d'un feu de pneus et de palettes.
Malgré quelques avancées lors d'une réunion lundi à la Préfecture, ils menaçaient toujours aujourd'hui de brûler leur entreprise si leurs revendications n'étaient pas entendues: le déblocage d'un fonds d'urgence et le versement d'indemnités de 10.000 à 15.000 euros par licenciement.
Ils gardent encore l'espoir d'un éventuel rachat de l'entreprise, mais "si ça repart, ils ne reprendront pas tout le monde", s'inquiètent des employées, mine grave.
source: france3.fr