L'agglo "entre dans une phase d'équipements lourds"

« Nous serons dans l'obligation dans l'avenir d'actionner les ressources », a prévenu Hubert Falco, mettant en avant les investissements à réaliser. photo:André DUPEYROUX
« On a voté un budget volontariste en décembre. Nous assumons pleinement ces 407 millions d'euros d'investissement. Après avoir mis en place des bases solides, on va entrer dans une phase d'équipements lourds. On va investir car l'avenir ne se mesure qu'à travers les investissements. Là, on va affiner avec le vote de taxes. »
Hier, devant l'assemblée communautaire appelée à se prononcer sur la fixation des taux relais (en remplacement de la taxe professionnelle), et des taxes additionnelles (1), Hubert Falco, président de Toulon-Provence-Méditerranée n'était pas à court d'arguments pour justifier à nouveau les raisons de la création de la taxe additionnelle en 2006. Ans après « avoir tenu sans pendant cinq ans », a-t-il rappelé.
Un produit de 22,5 millions d'euros
Il s'est, alors, livré à détailler son poids fiscal : « Cela représente 8 % des 273 millions d'euros de nos recettes de fonctionnement de notre collectivité. C'est une taxe minime car elle représente tout juste un produit de 22,5 millions d'euros. C'est 3 % sur la feuille de nos contribuables. »
Une taxe minime au point, selon le président de TPM, « d'être une des agglomérations de France ayant la taxe la plus faible ». Quant à la réforme de la taxe professionnelle - la plus forte des sources de financement avec ses 99 millions d'euros -, « elle ne nous pénalise pas car notre économie est basée sur le tertiaire, et le calcul sur le foncier ne nous désavantage pas. »
« Je n'ai pas de baguettes magiques, et je ne sais pas faire de miracles car les équipements sont là » : le message a été très reçu cinq sur cinq. Enfin, presque. Il n'est pas parvenu jusqu'au maire du Pradet. Claude Mesangroas s'est prononcé contre le vote des taux, tout comme les conseillers PS, Robert Alfonsi et Lorenzo Matéos.
Faisant référence à sa prise de position lors du débat d'orientation budgétaire, le maire du Pradet a précisé « que la ville ne votera pas l'augmentation des taux additionnels ».
Hubert Falco a fait remarquer « qu'elle avait voté les recettes du budget dans lequel il y avait les taxes additionnelles. Elle est complètement en incohérence avec ce qu'elle a fait », a-t-il commenté. Il s'est, alors fendu d'une remarque : « Le sectarisme n'a jamais été ma ligne de conduite. Je n'ai pas bâti ma vie politique là-dessus. Je n'ai jamais fait de politique autre que servir l'intérêt général. »
« L'impôt est le moyen de solidarité »
Et de s'adresser, alors, au maire de La Seyne, ayant validé les taux : « Vous avez très bien compris l'intérêt des équipements ! » Marc Vuillemot a, alors, répondu, en souriant, qu'il n'était pas le seul dans l'assemblée. Il a argumenté son vote tout en faisant état de « la difficulté des concitoyens » face au champ des taux des taxes locales. « Malheureusement, ils n'arriveront plus à payer au regard de la réalité socio-économique », a-t-il alerté.
Mais pour autant, il a maintenu sa position : « L'impôt est le moyen de solidarité à l'échelle d'un territoire si on veut que notre agglomération avance, comme d'autres (c'est le cas du Transport en commun en site propre ou encore la Technopôle de la mer, Ndlr). Je pense que l'agglomération doit se doter des moyens de ses investissements. » Et de répondre « au clin d'oeil », selon lui, d'Hubert Falco, sur le vote opposé à Claude Mesangroas : « On peut rester sur une position non-convergente, mais il n'y a pas de fracture lourde entre les majorités des conseillers municipaux. » « On sera dans l'obligation dans l'avenir d'actionner les ressources », a prévenu Hubert Falco.
1. Taux relais de 27,95 % (cotisation foncière des entreprises). La taxe additionnelle a été instaurée par la communauté d'agglomération pour faire face aux baisses successives de la dotation globlale de fonctionnement. En 2010, son taux est porté de 1,5 % à 2 %.
source: Catherine Pontone - var matin


