Des devantures du cours Louis-Blanc à reprendre

Les commerçants présentent l'ancienne et la nouvelle devanture, qu'ils jugent beaucoup moins laide que celle des autres magasins. Il n'empêche : non conforme, elle devra être refaite. photo: Dominique Leriche
«C'est une horreur », tranche Florence Cyrulnik, adjointe au patrimoine et à la culture. « L'horreur », c'est, selon l'élue, la nouvelle devanture du magasin Perle du Sud, cours Louis-Blanc. Une façade habillée en pierre apparente avec, au-dessus, un caisson lumineux blanc des années cinquante peinturluré d'une écriture verte. La vendeuse du magasin n'est évidemment pas du tout du même avis.
« On est loin d'avoir le magasin le plus laid de la rue. D'autres sont beaucoup plus moches », se défend Brigitte Silvio. Quelques mètres plus bas, son fils, qui a refait dans le même style une ancienne boucherie, n'en pense pas moins. « On ouvre un nouveau commerce dans un local vide depuis 20 ans et on change la vieille mosaïque par des belles pierres. C'est quoi le problème ? », demande Jacques-Henri.
Autorisation nécessaire
Le problème, c'est que ces rénovations ne respectent pas le cahier des charges édicté, il y a de nombreuses années, par le service aménagement et renouvellement urbain de la commune. « Les gens font n'importe quoi, tempête l'adjointe. Ils ne sont pas obligés de faire appel à des entreprises agréées, mais ils doivent nous demander une autorisation avant tous travaux », ajoute Florence Cyrulnik.
« Ils font tout pour nous décourager. On nous a dit que c'était à cause de gens comme nous que les personnes boudent La Seyne. Ils veulent qu'on fasse des coffrages en bois, mais on n'a pas les moyens de faire ça, et en plus, avec le nettoyage au jet d'eau, le bois pourrit partout », se défend Jacques-Henri. « Je préfère le balayage au nettoyage au nettoyeur haute pression, surtout avec les problèmes d'économie d'eau, mais ils ne sont pas obligés de faire des coffrages en bois. Un enduit lisse, c'est suffisant », explique l'adjointe.
Une amende à 100 000 euros
Selon la procédure, un constat pourrait être dressé puis transmis au procureur, qui peut prononcer amendes et astreintes.
Récemment, un commerçant seynois, dont la ville souhaite préserver l'anonymat, a été condamné à 100 000 euros d'amende pour des aménagements commerciaux illégaux.
Aujourd'hui, la commune, consciente des difficultés des commerçants, souhaite régler les problèmes au cas par cas et à l'amiable.
« Mais il faut comprendre que les commerçants qui jouent le jeu ont toutes les raisons d'être énervés contre ceux qui ne respectent pas la réglementation », appuie Florence Cyrulnik.
Ni fait, ni à faire, ces devantures de magasins en pierre devront en tout cas être refaites.
source: Olivier Marino - var matin





