Casses et braquages en série dans le centre ancien

Alain Quet raconte son agression dimanche matin. Quand il a ouvert le bar, il s'est retrouvé avec trois jeunes cagoulés qui lui ont pointé une lame sous la gorge et un pistolet sur le front. photo: Eric Estrade
Plusieurs commerces, débitants de tabacs, brasseries et papeteries du centre-ville ont été victimes d'attaques à main armée en l'espace de quelques semaines.
Place des A nciens combattants d'Afrique du nord, dimanche 18 avril, 5 h 30 du matin. Alain Quet est en train d'ouvrir le bar tabac « Le Pingouin » quand trois personnes cagoulées et armées font irruption dans le PMU. L'employé se retrouve avec un couteau sous la gorge et un pistolet sur le front. Les trois braqueurs s'en prennent aux caisses. Ils volent des cigarettes et des tickets de grattage. Quand Yvon Champemont, le propriétaire des lieux, arrive cinq minutes plus tard, les voleurs sont déjà partis. Montant du préjudice : plus de 4 000 euros.
« Vite fait, bien fait »
Choqué, l'employé témoigne : « Les braqueurs avaient l'air jeunes. L'un d'eux était très grand, maigre. Un autre plus petit. Ils étaient très nerveux, ils criaient : lève les mains, lève les mains. Comme ils n'ont pas réussi à ouvrir les caisses, ils les ont explosées au sol », explique Alain. Ce récit rappelle étrangement l'attaque à main armée subie le 25 décembre dernier par le gérant de la papeterie située en haut du cours Louis-Blanc. Même mode opératoire, à l'ouverture du magasin. Même description des braqueurs.
En l'espace de quelques semaines, pas moins de cinq établissements ont été braqués le matin ou visités la nuit. Le week-end de Pâques, le « Bidule » et la « Brasserie de la mairie » ont été victimes de casses. Là encore, une même technique a été utilisée. La porte de derrière a été fracturée. « ça, s'est passé vers 3 heures du matin. Ils ont utilisé un cric ou un vérin hydraulique pour écarter la porte. Ils sont repartis avec la caisse sous le bras, des cigarettes et des tickets de grattage. Vite fait, bien fait », racontent les gérants.
Des vols ont eu lieu aussi récemment au bar « Le Central » (notre édition du 27 mars). Il y a à peine cinq jours, un riverain a mis en fuite des jeunes qui avaient brisé la vitrine de la papeterie, avenue Gambetta. La liste des infractions est longue. Sans compter les devantures vandalisées (le cercle l'Équipe, salon de coiffure...) ou les vols de sacs à l'arraché.
Pour tous les commerçants interrogés, les braquages ou casses récents sont à mettre à l'actif de la même bande. « Ce sont des jeunes du quartier. On les croise la journée dans les rues du centre ancien. On peut les voir vendre du cannabis. On les sert même parfois. Et la nuit, ils viennent nous casser », témoigne une commerçante.
Patrouilles renforcées
« Climat d'insécurité, "no man's land", inquiétude, inefficacité des rondes de police » sont les mots qui reviennent le plus souvent dans la bouche des commerçants. La police judiciaire de Toulon, saisie seulement de la dernière affaire, débute son enquête mais dispose, pour l'heure, de peu d'éléments. Dans le même temps, et en collaboration avec la police municipale, des « renforcements de patrouille dans le centre ancien sont mis en place », souligne la Police nationale. En espérant un effet dissuassif...
Une réunion de médiation entre plusieurs élus de la Ville et les jeunes du centre ancien doit être organisée jeudi à 17 h 30.
source: Olivier Marino - var matin



