La ville demande l'expulsion des gens du voyage

Les gens du voyage sont installés devant le hangar CPM depuis une quinzaine de jours. « Aucun trouble à l'ordre public n'a été constaté et aucune plainte n'a été déposée », précise le commissariat. photo: Dominique Leriche
Ce matin, le tribunal de grande instance de Toulon doit examiner une demande d'expulsion des gens du voyage émanant de la ville de La Seyne. Depuis une quinzaine de jours, une quarantaine de caravanes est installée sur le terre-plein devant l'Institut de promotion et de formation aux métiers de la mer et les anciens ateliers mécaniques.
Sur place, les gens du voyage qui s'estiment dans leur bon droit ne sont pas décidés à lever le camp. « Nous avons du travail pour encore un mois. ça fait vingt ans qu'on vient ici tous les ans. Le problème c'est que la ville n'a simplement pas d'endroit où nous installer. Ils n'ont pas d'aires d'accueil, or selon la loi Besson, toutes les communes de plus de 5 000 habitants sont dans l'obligation d'en construire », explique l'un d'entre eux qui parle volontiers, mais ne souhaite pas donner son nom.
« TPM a failli »
Le problème n'est évidemment pas nouveau. Il se pose à chaque fois que des nouvelles caravanes arrivent. Le 23 avril dernier, Hugues Parant, le préfet avait réuni une trentaine de maires pour leur faire « une mise au point ». Selon un plan adopté en 2003, dix-sept aires devaient être créées dans le département. Aujourd'hui, seulement quatre ont été construites. Aucune dans l'agglomération toulonnaise.
« TPM qui a la compétence dans ce domaine, a failli. Je regrette cette situation, mais on est obligé pour des raisons de sécurité et d'hygiène de demander leur expulsion », justifie Jocelyne Léon, adjointe à la sécurité.
Les gens du voyage, eux, n'arrivent pas à comprendre que les communes ou les communautés d'agglomération ne régularisent pas leur situation. « Les villes reçoivent de l'argent de l'État pour construire des aires. Qu'en font-ils ? Nous ne refusons pas de payer le raccordement à l'eau et à l'électricité, mais ils n'ont rien à nous proposer. Nous venons de Touraine, là-bas, il y a seize aires d'accueil ! C'est comme un camping, avec des sanitaires et des douches en dur. Et on peut rester trois mois », témoigne l'un d'entre eux. « Ici, il n'y a même pas d'évacuation pour les eaux usées. On est traités comme des chiens », lâche une autre personne.
« Les villes sont hors-la-loi »
« Je sais. Dans les villes où il y a des aires, ça se passe très bien, mais ici on n'a même pas de terrain pour construire sans parler du coût du foncier. Ces conditions ne sont pas agréables, pour eux et pour nous », explique l'adjointe qui ne cache pas son embarras. Qu'importe la décision prise aujourd'hui par le tribunal, les gens du voyage ne sont pas décidés à partir. « Les villes sont hors-la-loi ! », protestent-ils.
source: Olivier Marino - var matin





