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Nicky
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Date du message : samedi 29 mai 2010 à 13h53


Le Petit Prince n'est pas liquidé


imbroglio Le restaurant d'insertion connaît mille tracas depuis qu'un site Internet a annoncé par erreur sa mise en liquidation judiciaire. L'électricité a même été coupée hier. Qu'on se le dise, « Le Petit Prince », le restaurant d'insertion de Berthe élevé en dix ans au rang d'institution locale et solidaire, n'est pas en liquidation judiciaire.

Depuis qu'un site Internet spécialisé dans l'information sur les entreprises l'a confondu avec Gaspar, Le Petit Prince vit sur une autre planète, et peine à rallumer son lampadaire.

« Nous avons appris notre soi-disant mise en liquidation judiciaire par hasard, en tentant de régler un autre problème, administratif », explique Nadjet Benzorha, fondatrice et directrice de l'établissement.

Aucune valeur officielle

La stupeur passée, le Petit Prince contacte les responsables du site Internet, qui publient le 18 mai un rectificatif. « On se demande encore comment ont-ils pu trouver notre numéro de Siret en cherchant celui de Gaspar. »

Le site en question prend bien soin de préciser, noir sur blanc, que ses informations « sont fournies à titre indicatif et sans garantie notamment de fiabilité, d'actualité ou d'exhaustivité », et que « seuls font foi les originaux conservés aux greffes des tribunaux de commerce (...) qu'il est indispensable de consulter avant toute décision importante. »

« Aucune source officielle, ni le greffe, ni le Boddac (1) n'a annoncé notre mise en liquidation judiciaire », constate Catherine Martinez, présidente de l'association.

Mais le mal est fait, et pour les dirigeantes du restaurant, une avalanche de tracas débute.

Cette information a été beaucoup lue... mais peu vérifiée. « D'abord, c'est notre grossiste alimentaire qui a refusé notre carte, raconte Catherine Martinez. Ensuite, il nous a fallu rendre des comptes à la trésorerie municipale, à l'office HLM et même à l'Urssaf ! »

Ces tracasseries administratives agacent au plus haut point Nadjet Benzorha, mais hier, la mauvaise plaisanterie a atteint jusqu'aux fourneaux du restaurant. « En arrivant en matinée, nous nous sommes aperçus que nous n'avions plus de courant. Nous avons contacté EDF qui nous a répondu qu'il nous avait été coupé, puisque nous étions en liquidation judiciaire ! » Informé de la méprise, les services d'EDF annoncent le retour de l'électricité « dans la journée ».

« La prochaine fois ce sera quoi ? Les huissiers ? »

À l'heure du déjeuner, tandis que les clients arrivaient, toujours pas de courant.

« Nous devons improviser, en faisant réchauffer les plats dans la boulangerie à côté, ou à l'aide de bouteilles de gaz », raconte Catherine Martinez. « Et les toilettes sont éclairées à la bougie. »

« Les employées mettent les bouchées doubles pour limiter la gêne pour les clients », ajoute Nadjet. Ceux-ci affirment d'ailleurs leur soutien quand on leur annonce les difficultés du moment.

Pour les dirigeantes de la structure, « trop, c'est trop. On va finir par penser que quelqu'un en veut au Petit Prince, s'interroge Nadjet Benzorha. Notre entreprise se porte bien, et mène depuis 2001, à son échelle, un précieux travail d'insertion. »

« J'ai du mal à comprendre que toutes ces institutions nous tombent dessus sur la foi d'un document qui n'a pas de valeur officielle. C'est proprement incroyable ! La prochaine fois ce sera quoi ? Les huissiers ? » s'emporte Catherine Martinez.

Les deux femmes « se réservent le droit d'engager des poursuites judiciaires, eu égard au préjudice subi. »

1. Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales.
source: Philippe Zamari - var matin

ps: L'électricité a été rétablit hier soir vers 21h00

...cordialement...Nicky...