Un bénévole, « c'est une bête rare »

Andrée Bonifay est présidente depuis 2004 de « Faire du neuf avec vous ». photo - Dominique Leriche
Si La Seyne possède une richesse, c'est bien celle de la vie associative. La commune compte 625 associations, dont 250 sont subventionnées par la municipalité. Chacune, à son niveau et dans son domaine, participe au dynamisme de la cité. Nonobstant, beaucoup souffrent : baisses de subventions, pénurie de bénévoles, désengagement citoyen. Dans un monde où tout se paie, servir une cause sans en tirer salaire a-t-il encore un sens ?
Trois présidents d'associations ont accepté de parler de leur engagement et de leurs inquiétudes : l'inépuisable Andrée Bonifay de « Faire du neuf avec vous », Makki Boutekka, le jeune président du Football club seynois et Pascal Venel, défenseur acharné de la société nautique de Saint-Elme.
Var-matin : Pourquoi vous êtes vous engagés dans la vie associative ?
Andrée Bonifay : « J'ai toujours milité dans une association. A 15 ans, c'était de l'entraide scolaire, après c'était des causes auxquelles j'étais sensibles, comme l'Ethiopie. Aujourd'hui, je suis active au sein de quatre structures (1). Ça m'apporte beaucoup personnellement ».
Makki Boutekka : « Je suis au club depuis quatre ans. Au départ, je suis venu donner un coup de main, puis je suis rentré très vite au comité directeur pour aider sur la partie sponsoring et événementiel. Etre bénévole est devenu passion ».
Pascal Venel : « J'ai toujours été dans l'action. Je suis président de trois associations (2) et je suis à la Société nautique de Saint-Elme depuis 1973 ».
Etes-vous confrontés au manque de bénévoles dans vos structures ?
Andrée B. : « Oui, et ce, dans toutes les associations que je côtoie. A Faire du neuf, il y a 87 adhérents, 11 membres dans le bureau et 4 personnes qui se bougent... Les gens ne s'investissent plus pour les autres, la société est devenue très individualiste. Pour moi, le bénévolat est une espèce en voie de disparition ».
Makki B. : « C'est de plus en plus dur de trouver des bras. Les jeunes veulent jouer au ballon, le reste, ils s'en fichent. En 10 ans, on a vu les parents disparaître. Ils nous laissent leur gamin comme à la garderie. Notre politique est de faire en sorte que nos jeunes ne manquent de rien, et en retour ils s'investissent bénévolement dans le club ».
Pascal V. : « Pour organiser les manifestations festives, il y a toujours des bonnes volontés. Mais notre association est vieillissante, on a du mal à faire rentrer des jeunes ».
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