Le courant va passer sur le cours Louis-Blanc

Malgré les travaux prévus en 2011, tous les revendeurs ne seront pas forcement satisfaits. La mairie ne s’engage pas à fournir du courant à tous les vendeurs de fruits et légumes. (Photo Éric Estrade)
De nombreux revendeurs trouvent anormal de payer le trimestre alors qu’ils n’ont pas de branchement électrique. La ville annonce des travaux
Les fils courent toujours sur le pavé. Ici, la rallonge est reine ! Voilà ce qui exaspère nombre de revendeurs, qui ont payé le 15 juin dernier, leur place sur le marché.
Ils estiment que le service n’est pas rendu, puisqu’il n’y a plus d’électricité. Le premier trimestre leur avait été offert. Pas le deuxième (1).
En 2005, le cours Louis-Blanc avait été rénové, à grands frais. Plus de deux millions d’euros pour une « mise aux normes européennes ». Des trappes électriques ont été installées au sol. Depuis, elles baignent dans l’eau (sale), et ont été déconnectées, par mesure de sécurité (Var-matin du 16 mars).
Depuis ? Plus rien, officiellement.
Dépannage
Parmi les maraîchers, on trouve souvent des mécontents. Une revendeuse « historique » (2) paye « environ 300 euros par trimestre ». Mais elle fustige l’absence des élus, qui ne viennent pas donner de nouvelles du dossier. « On nous dit maintenant que la ville n’est pas obligée de nous fournir du courant. Pourtant, c’était le motif des travaux ! »
Un autre professionnel a la chance de se brancher sur son propre local de stockage. « Et mon voisin avec moi ». Pour lui, la ville a fait « un cadeau », en offrant un trimestre. « Je ne pense pas qu’il y en aura deux... »
Une productrice d’Ollioules jongle avec sa balance, « qu’il faut charger à la maison. Si on tombe en panne en cours de marché, on est cuit ! »
Bornes hors-sol
Côté mairie, le dossier avance. Philippe Mignoni, adjoint au maire, annonce des travaux : « Nous avons fait le choix d’abandonner le système encastré. Ce sera une solution définitive ».
Des bornes hors-sol vont être installées, le cahier des charges est écrit. « Nous allons réutiliser au maximum les fourreaux existants », insiste Philippe Mignoni. Pas question de creuser une tranchée le long du marché.
Les bornes seront placées à proximité des arbres, histoire de ne pas enlever des places de stationnement. « Ce sera moins esthétique, mais les bornes répondront au besoin », ajoute l’élu.
« Elles comprendront chacune quatre prises, fermées par une porte gaillarde », explique un technicien de la ville. Onze bornes « costaudes », pour un investissement dont le montant sera affiné lors de la consultation des entreprises, lancé cet automne.
Pas pour tout le monde
Si tout se déroule bien, le chantier, de « quatre semaines maximum », pourrait avoir lieu au premier semestre 2011.
La ville s’engage à fournir de l’électricité pour les banques réfrigérées, mais pas pour tous les légumiers. « Ce n’est pas une obligation réglementaire, nous l’avons vérifié », indique Claude Astore, adjoint aux travaux.
Enfin, une autre élue doit donner son feu vert. Claude Astore « va s’employer à convaincre » sa collègue Florence Cylrunik, adjointe à la culture. Cette dernière veille (trop, pour certains) au respect des règles esthétiques dans le centre ancien.
Là, c’est une question de fonctionnalité pour des dizaines de revendeurs et… leurs milliers de clients. Qui passent et repassent sur des rallonges électriques.
1. La gratuité du 1er trimestre représente un manque à gagner de 30 000 euros, selon la mairie.
2. De nombreux revendeurs n’ont pas souhaité que leur nom soit cité.
source: Sonia Bonnin - var matin






