Le Centre-Ville réclame de l'Aide

Les commerçants du centre-ville se sentent désarmés face aux grandes surfaces qui se développent. L'adjoint, Claude Astore, a démenti que la municipalité favorisait l'essor des hypermarchés. photo: MARIELLE VALMALETTE
Christophe Chabert, le président des commerçants du centre-ville, dit qu'il n'en dort plus la nuit. Depuis qu'il a appris qu'Auchan voulait s'agrandir, il est totalement abattu.
Pour lui, un tel projet, combiné à l'extension de Leclerc et à l'arrivée de « Grand frais », signifie « la mort du centre-ville ». Ou plus exactement, « un déplacement du centre-ville vers la périphérie ». Persuadé en plus que la mairie a, dans son projet de nouveau PLU, favorisé l'agrandissement des hypermarchés, Christophe Chabert a convoqué les commerçants, mardi soir au Foyer Cresp.
Face à eux, les élus étaient venus en force : Claude Astore, Malika Riemer, Bernard Trouchet, Alain Lopez, Solange Andrieu, Christine Jambou, Yves Gavory. Ne manquait que le principal concerné, à savoir l'adjoint au commerce et à l'économie, Philippe Mignoni.
Claude Astore attendu de pied ferme
Beaucoup d'élus, mais un seul capable de désamorcer la situation : Claude Astore. L'adjoint à l'urbanisme était attendu de pied ferme pour avoir participé à la commission départementale qui a validé le projet Auchan. L'élu a fermement démenti que la ville modifiait son PLU pour favoriser l'extension d'Auchan : « Je m'inscris en faux. Le nouveau PLU va au contraire lui enlever de la constructibilité en passant en zone UG (économique). Car pour l'instant, il est en zone UA, la plus permissive ». Et de tempérer : « Le permis de construire d'Auchan n'est absolument pas délivré. Il ne pourra pas l'être avant la fin de l'année voire début 2011 », a-t-il affirmé.
« Il y a de la place pour tout le monde »
Christophe Chabert n'en démord pas : « Le Scot (Schéma de cohérence territoriale) précise que l'attractivité des centres-villes de Toulon et La Seyne ont souffert des centres commerciaux en périphérie. Ils ne jouent plus leur rôle de centralité ». « Le Scot ne dit pas non plus qu'il faut arrêter d'implanter des centres commerciaux ! », s'exclame Claude Astore. Et de plaider : « Leclerc et Auchan existent. Je préfère que nos concitoyens soient fixés sur notre territoire, qu'ils restent à La Seyne plutôt qu'ils aillent faire leurs courses au Carrefour d'Ollioules. Et puis, il y a de la place pour tout le monde ! ».
Mais pour bon nombre de commerçants, le centre-ville n'est pas armé pour faire face aux grands groupes qui développent boutiques et alimentaire. C'est David contre Goliath. Beaucoup pointent du doigt l'absence de parking, tandis que les hypermarchés offrent des milliers de places gratuites. « On a fait des efforts pour dynamiser le centre-ville », appuie Christophe Chabert. Mais entre les hypermarchés qui attirent de plus en plus de clients et les croisiéristes qui partent à Toulon, les commerçants sont démoralisés. « Il y a sûrement des ratés, a conclu Claude Astore, mais on va essayer de développer l'attractivité du centre-ville. Faisons les choses dans l'ordre. La première à régler, c'est la question des parkings ». Et pas la moindre.
source: MARIELLE VALMALETTE - var matin










