Une lycéenne se bat pour pouvoir redoubler
Séréna Constant-Boïs (à gauche) a passé son année de terminale au lycée Beaussier. Sa mère Muriel Féliciani s'insurge : « je ne vais pas passer l'été sans savoir si ma fille va être inscrite ! » poto: Delphine Gonzalez
Revenir devant les grilles d'un lycée à la rentrée, c'est le souhait le plus cher de Séréna Constant-Boïs. La jeune-fille qui vient d'avoir 18 ans s'est « plantée au bac » et doit redoubler sa terminale littéraire. Rien de plus banal, sauf qu'à ce jour, elle n'est inscrite nulle part et ne sait pas si elle le sera, le mois prochain.
« Le 12 juillet, une secrétaire du lycée nous a dit par téléphone que Séréna ne serait pas reprise », raconte sa mère, Muriel Féliciani. Le motif ? « Il y a trop d'élèves, les classes sont bondées ». Affolement général, la mère et la fille se renseignent, « font du forcing à Beaussier », vont au lycée Langevin qui offre « une inscription sur liste d'attente », appellent à Dumont-d'Urville, à Toulon. En vain. Leurs démarches n'ont toujours pas abouti.
Commission le 30 août
Muriel Féliciani s'insurge : « Attendez, je ne vais pas passer l'été sans savoir si ma fille va être inscrite ! » Et pourtant, à mi-chemin des vacances, il n'y a encore aucune certitude.
L'Inspection académique leur a proposé de « faire un dossier, qui passera en commission d'appel le 30 août ». Soit quelques jours avant la rentrée... De quoi perdre sa sénérité !
Séréna s'est entendu dire qu'elle pouvait s'inscrire au Cned, qui dispense des cours par correspondance. Elle l'avoue, « je sais que par correspondance je n'y arriverai pas. Je ne suis pas assez mature ». La lycéenne a le sentiment de vivre « une injustice, en plus de la déception d'avoir raté le bac ». Malgré ses mauvaises notes à l'examen, elle lâche, « je ne mérite pas ça ». Élève moyenne, elle n'a jamais eu de problème avec le lycée.
Option supprimée
Sa mère renchérit : « On nous a mal renseignées. J'ai la sensation d'être un numéro. Et complètement seule ».
Voilà pourquoi elle cherche à savoir si d'autres parents sont dans un cas similaire. Désormais, en pleines vacances scolaires, il est quasiment impossible de joindre quiconque pour en savoir d'avantage. Le mois d'août n'est guère propice aux démarches administratives. Et l'Éducation nationale ne fait pas exception. Selon la lycéenne, plusieurs classes de terminale littéraire vont fermer à la rentrée à Beaussier, au profit de sections scientifiques. Plus troublant, alors que Séréna avait choisi une option « anglais renforcé », elle a appris que « [son] option n'existe plus ». Mais l'élève elle.. est bien là.
Ni le rectorat de l'académie de Nice, ni les fédérations de parents d'élèves n'ont pu être joints malgré les tentatives répétées de var matin.
source: Sonia Bonnin - var matin


