Un projet de ferme pédagogique retoqué dans la forêt de Janas

Antoine Gonzalez a acheté en 2000 ses 12 hectares de terrain dans la forêt de Janas. Sur 2 ha, situés en zone agricole, il ambitionnait d'ouvrir une ferme pédagogique. Mais le projet a été bloqué après le recours de deux associations. photo: Dominique Leriche
Antoine Gonzalez a déposé un permis de construire pour réaliser une ferme destinée aux enfants. D'abord accordée, l'autorisation a été annulée.
Il n'y aura pas de ferme pédagogique à La Seyne. Du moins, pas à Janas. Le projet d'un homme d'affaires (1) résidant à La Seyne, Antoine Gonzalez, vient de tomber à l'eau : le permis de construire qui lui avait été accordé a finalement été annulé.
Propriétaire d'un terrain de 12 hectares à Janas - dont deux classés en zone agricole, le reste étant de la forêt - Antoine Gonzalez voulait créer une ferme ouverte aux écoles et aux centres aérés de la ville. « Je pensais faire un grand poulailler de 2 500 m² avec un coin porcins et ovins. Sur 3 000 m² de serres, on aurait mis des plantes exotiques », explique-t-il.
Sur le reste du terrain, Antoine Gonzalez aurait planté quelques pieds de vigne (muscat)... et construit une maison de 196 m². C'est là que le bât blesse.
Le préfet intervient
Antoine Gonzalez dépose un permis de construire en tout début d'année. Il essuie un premier refus de la mairie, le 5 février : il manque quelques pièces à son dossier, notamment des explications concernant l'accès à la ferme par les bus et l'autorisation de défrichement. Le patron de la SA Mana apporte à la mairie les précisions demandées. Le 18 mars, Claude Astore, adjoint à l'urbanisme, donne son accord.
Mais la décision est contestée par deux associations : la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et Environnement Méditerranée (lire ci-contre). Saisi, le préfet requiert le retrait du permis.
Le principal point d'achoppement est la construction de la maison.
Un argument repris lors de l'annulation du permis, le 15 juin dernier : « Aucun élément dans le dossier de demande de permis de construire ne démontre l'existence d'une exploitation agricole qui nécessiterait la construction d'une habitation ».
L'activité même du responsable de la SA Mana concernant la « culture de légumes, melons, racines et tubercules (...) ne démontre pas l'existence d'une exploitation agricole nécessitant la présence sur les lieux de l'agriculteur », selon l'arrêté municipal retirant le permis.
Une exploitation agricole sans ferme
Antoine Gonzalez se défend d'avoir voulu détourner un terrain agricole pour construire une habitation. « J'ai d'autres maisons, je n'ai pas besoin de celle-là ! C'était vraiment pour les enfants, pour qu'ils puissent venir voir les animaux et les plantes », plaide-t-il.
Selon lui, les associations qui contestent son projet « ont raconté n'importe quoi ». « La LPO dit que les bus vont faire fuir les oiseaux. Quant à Environnement Méditerranée, ils m'ont reproché de ne pas avoir d'accès à la ferme alors que le chemin (une piste qui traverse le domaine, Ndlr) m'appartient. C'est même moi qui donne chaque année l'autorisation aux pompiers de passer par là », souligne encore le propriétaire en montrant ses papiers.
Déçu, Alain Gonzalez a décidé de jeter l'éponge. « C'est dommage. C'était un projet à 3 millions d'euros avec quatre emplois à la clef. Je me contenterai de faire une exploitation agricole en bio. Je vais redéposer un permis pour faire une remise en sous-sol afin d'entreposer le matériel. Mais je ne ferai pas le logement », conclut-il.
L'adjoint à l'urbanisme regrette aussi l'abandon du projet : « On était intéressé par la ferme pédagogique. Actuellement, les enfants vont jusqu'à Méounes. Mais devant les remarques insistantes du préfet, nous n'avons pas voulu jouer le bras de fer ».
1. La société Mana est une entreprise familiale de construction, travaux publics et hôtellerie. Alain Gonzalez a aussi été éleveur en Guyane pendant 15 ans.
source: Marielle Valmalette - var matin




