Sécurité: faut-il mettre les maires à l'amende ?
La protestation enfle autour du projet de Christian Estrosi de faire payer les communes laxistes en matière de sécurité, mais le ministre-maire monte au créneau
Depuis qu’il a relayé le discours guerrier de Nicolas Sarkozy contre les délinquants, ce week-end dans une interview accordée au Journal du dimanche, le ministre de l’Industrie et maire de Nice, a déclenché une vive polémique avec la gauche : Christian Estrosi a proposé de s’inspirer de la loi SRU (relative à la solidarité et au renouvellement urbains) en matière de logement social et de sanctionner par « une très forte amende » les municipalités des villes de plus de 5 000 habitants qui ne se conformeraient pas « à leurs obligations de sécurité, de prévention de la délinquance, de lutte contre l’absentéisme scolaire ».
Dans le collimateur du ministre-maire, Martine Aubry qu’il a accusée de « renoncement » à Lille ou encore Michel Destot, maire de Grenoble, à qui il a reproché « de ne rien faire ».
Les réactions ne se sont pas fait attendre : « L’insécurité progresse, mais c’est la faute aux autres ! », a ironisé le Christophe Borgel, secrétaire national du PS, tandis que le président PS du conseil régional de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, a estimé que les déclarations de Christian Estrosi constituent « un geste de violence » à l’égard des municipalités. Interrogé hier, le maire de Nice (lire en page suivante), a réaffirmé sa volonté de faire payer « les mauvais élèves », alors que celle-ci avait paru trouver des échos défavorables jusque dans son propre camp, où l’on s’est finalement ravisé au nom de l’union sacrée, sous l’impulsion notamment de Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP.
source: Pierre-Louis PAGÈS et Jean-Charles PIERSON - var matin



