Gai-Versant : une déchetterie devenue encombrante à La Seyne-sur-Mer

La déchetterie, rue Pierre-Cot ne désemplit pas, « victime » de son succès ! Mais la zone résidentielle pâtit de cette véritable ruche dédiée au tri sélectif. « Une déchetterie d'importance n'a pas sa place dans une zone d'habitat urbain », constate ainsi Claude Astore, adjoint à l'urbanisme et aux infrastructures. photo: PHILIPPE ZAMARI
L'alignement de bennes sur lesquelles des panneaux faits à la main, parfois brinquebalants, indiquent « cartons », « plastique rigide », « gravats », est en plein « cagnard », exposé aussi au vent, à la pluie, etc. Les employés disposent pour tout bureau de préfabriqués posés çà et là.
La déchetterie de La Seyne cohabite avec le parc automobile municipal. Le terrain est « coincé » rue Pierre-Cot, en pleine zone résidentielle. Où l'habitat se densifie encore avec de nombreuses constructions en cours dans le quartier...
« Pas sa place en zone d'habitat urbain »
Pourtant, comme pour souligner un peu plus encore le besoin en la matière, le site ne désemplit pas. « C'est vrai qu'elle semble précaire, mais elle fonctionne continuellement. Véolia, qui a le marché, s'en occupe bien, et c'est une vraie ruche », constate Claude Astore, adjoint à l'urbanisme et aux infrastructures, dont le bureau de la mairie annexe jouit d'une imprenable « vue déchetterie ».
Justement, la file d'attente automobile qui régulièrement encombre la rue Pierre-Cot est le signe, s'il en était besoin, que la déchetterie de La Seyne a atteint ses limites.
La municipalité semble consciente du problème, et, si elle a dû renoncer au projet initié sous la précédente mandature (lire ci-dessous), envisage plusieurs solutions.
« Une déchetterie d'importance n'a pas sa place dans une zone d'habitat urbain », constate ainsi Claude Astore. « Elle doit naturellement être édifiée quelque part où se déroulent des activités économiques et industrielles comme, par exemple, à Camp-Laurent ».
La commune ferait d'ailleurs l'objet de sollicitations de la part d'une ou de plusieurs entreprises qui se proposeraient d'édifier et de gérer une déchetterie dans ce secteur.
Les déchets verts dans les quartiers sud
Outre une structure d'importance dans les quartiers nord de la commune, la ville envisage également « une deuxième déchetterie, complémentaire, dans les quartiers sud. Celle-ci pourrait être plus restrictive, tournée surtout vers les déchets verts », ajoute l'adjoint.
La commune devra aussi composer avec une problématique d'importance : le foncier. Dans les quartiers sud, la ville ne dispose pas d'opportunité foncière permettant la réalisation d'un tel équipement. « Et le problème d'une déchetterie, c'est que tout le monde est d'accord sur la nécessité d'en avoir, mais surtout pas à côté de chez soi », note Claude Astore.
Reste enfin à décider des modalités de réalisation de ces équipements. Sollicitée par des entreprises, la ville pourrait se laisser tenter. « Mais un marché de cette importance relèverait de toute façon d'une délégation de service public, et impose évidemment une mise en concurrence interdisant la négociation de gré à gré », observe l'adjoint.
Envisagée, l'hypothèse d'une délégation de service public (DSP) n'est pas forcément privilégiée. On sait l'attachement qu'a Marc Vuillemot pour un retour d'un maximum de services en régie municipale. À condition que la commune en ait les moyens. « Si l'on se décide pour deux sites, on peut tout aussi bien en confier un en DSP et gérer le deuxième en régie », estime Claude Astore.
Enfin, « On pourrait aussi réfléchir à cette problématique à l'échelle de l'agglomération », relève l'adjoint à l'urbanisme.
A l'heure des plaidoyers pour le tri sélectif et le développement durable, Claude Astore fait cas « de l'impact que pourraient avoir ces équipements sur le tonnage des déchets ménagers ». Même si aucun calendrier n'est arrêté à ce jour sur le sujet.
source: Philippe Zamari - var matin



